‹ Charles Démia et les origines de le̕nseignement primaireChapitre 14 sur 54 · UN PEU DE PÉDAGOGIE · texte numérisé non relu

UN PEU DE PÉDAGOGIE

qu’il venait de composer sur Le bon partage des pauvres. Sans doute, il n’est pas encore question de solidarité sociale; mais un esprit de charité, de confraternité, anime ces hommes associés dans la poursuite d’une œuvre commune. Ils prient pour leurs collègues malades. Ils prient pour les morts. Ils prient pour demander à Dieu qu’il « lui plaise d’empêcher le progrès des armes du Grand Turc »,... et aussi pour obtenir de la pluie.

LE SÉMINAIRE DE SAINT-CHARLES, SORTE d’ÉCOLE NORMALE, ET LA COMMUNAUTÉ DE FEMMES.

Ce n’est pas tout d’ouvrir des écoles, ni d’instituer pour les administrer des conseils composés de personnes dévouées et zélées. Ce qui n’importe pas moins, c’est de fournir aux écoles qu’on a fondées des maîtres capables. On peut dire que ce fut là une des principales préoccupations de Démia. Il a eu le grand mérite de comprendre l’utilité, la nécessité de l’éducation professionnelle des instituteurs. De même, disait-il, qu’on a « réglé le clergé » en établissant des séminaires, de même, « pour la formation des maîtres d’école », il est nécessaire d’établir une sorte de noviciat préparatoire : « un si saint emploi exigeant bien plus nécessairement un apprentissage que les autres arts ». Et ailleurs : « Quelque soin que l’on prenne pour l’établissement des écoles, qui sont si utiles et nécessaires au public, l’on n’y réussira jamais bien, à moins que l’on n’ait des bons maîtres pour les remplir; et l’on n’en aura jamais de bons, à moins qu’ils n’aient été formés et stylés dans cette fonction... »

C’est la même inspiration qui dirigea La Salle, lorsque, en 1685, il ouvrit à Reims, sous le nom de Séminaire des maîtres d'école, une école normale

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