DÉCLIN DU SÉMINAIRE
droit du Bureau des écoles avec voix délibérative. La surveillance était exercée par le directeur général et par deux membres du Bureau, l’un ecclésiastique, l’autre laïque.
Peu à peu, sous l’influence de l’esprit ecclésiastique, et après la mort de Démia, le séminaire de Saint-Charles fut détourné de sa destination primitive. Les séminaristes y faisaient surtout leurs études de théologie, et négligeaient leur préparation scolaire. Et une fois placés dans les écoles, préoccupés qu’ils étaient avant tout de leur rôle ecclésiastique, ils se relâchaient dans leur zèle. Ils ne donnaient plus que deux heures de classe,, le matin et le soir, au lieu de trois heures que le règlement imposait. On lit, à ce propos, dans un mémoire du commencement du xvme siècle (1), que les fonctions de séminariste et celles de maître d’école sont « des fonctions opposées, et qu’elles ne peuvent se concilier dans la même personne »... Le maître des Petites-Écoles, ajoute l’auteur anonyme de ce mémoire « ne doit être occupé que du soin d’apprendre à lire, à écrire, le catéchisme et l’arithmétique; rien de plus rebutant, et qui exige plus de constance et plus de patience que la profession de maître des Petites-Écoles, qui est sans cesse en commerce avec la lie de la population »... Les séminaristes de Saint-Charles, semble-t-il, aimaient mieux se retourner vers les études personnelles de théologie qui les préparaient aux fonctions plus agréables et plus brillantes du sacerdoce et delà prédication. Leur esprit tendait à s’éloigner
(1) Mémoire anonyme conservé aux archives municipales de* Lyon.