LES LIVRES SCOLAIRES
mencer. Les discussions purement pédagogiques étaient rares. Un jour, on examine s’il est bon de faire lire plusieurs élèves à la fois. Surtout, on se préoccupe de la conduite des élèves. On insiste pour qu’ils soient détournés de participer aux fêtes, aux « excès » du carnaval. On leur défend de regarder passer les masques dans les rues. Aux filles, on demande qu'elles soient « plus modestement couvertes ». On était attentif et sévère sur le choix des livres mis aux mains des écoliers. Il était ordonné de n’en acheter que « chez André Olyer, rue Tupin, à l’enseigne de la Providence ». On interdisait, comme mauvaises lectures, une Vie de saint Antoine, un ouvrage intitulé tfe Vita Christi, dont il est peu probable pourtant qu’on puisse dire qu’elle ressemblât en hardiesse à la Vie de Jésus , de Renan.
Démia publiait lui-même ou faisait publier quelques livres destinés aux écoles. En 1677, dans une des conférences mensuelles, on signale un Catéchisme, en vente chez Olyer, et « auquel M. le Directeur a travaillé ». De même une Civilité était publiée par ses soins (1).
En somme, l’assemblée des maîtres d’école était, sous la direction vigilante de Démia, un conseil de surveillance, un comité de perfectionnement,
(i) On sait quelle importance acquit dans les écoles d’autrefois l’enseignement de la Civilité , et quel fut le succès du livre de La Salhe publié en 1711 : Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne divisées en deux parties, à l’usage des écoles chrétiennes. Démia avait précédé La Salle dans cette voie. Mais, avant Démia lui-même, l’enseignement de la Civilité était déjà en honneur. L'École paroissiale y consacre un chapitre spécial, sous ce titre : Pratiques familières de la civilité. Il est probable que Démia s’en était inspiré dans la rédaction de son propre essai
ASSEMBLÉES DES MAÎTRES
parfois un office de placement. Le directeur faisait connaître les demandes qui lui étaient adressées par des villes ou villages en quête d’instituteurs. Ainsi, en octobre 1076, un maître est demandé pour une école à la campagne, où il y a cent livres de gages, sans rétributions des écoliers. Dans une autre localité, on offre 12 écus de traitement, plus la nourriture; ailleurs, àAmplepuis, 350 livres.
Nos associations amicales d’instituteurs auraient peut-être quelque chose à apprendre à l’école de la société organisée par Démia. Des relations de bonne confraternité, de solidarité, comme nous dirions aujourd’hui, s’y nouaient entre les maîtres. On était avisé que tel ou tel était malade : un membre était désigné pour aller le voir.
Enfin, les réunions mensuelles du corps enseignant de Lyon avaient un autre but, celui de préparer, de disposer les maîtres à Lexamen que quelques-uns avaient à subir pour obtenir la licence d’enseigner. Démia les visitait dans leurs écoles; mais, dans l’assemblée générale, il les inspectait encore, en quelque sorte. Il jugeait, il appréciait leur tenue, leurs aptitudes; il les soumettait, avant l’examen, à une sorte d’enquête préalable.