RAYONNEMENT DE L’ŒUVRE DE DÉMIA
Démialui-même. Compatissantcomme ill’étaitpour les pauvres de Lyon, Démia ne pouvait oublier ceux de Bourg, auxquels, pendant sa jeunesse, il avait prodigué ses aumônes. Au mois d’août 1688, il adressait encore une supplique aux magistrats de Bourg, pour obtenir une ordonnance qui approuvât l’établissement d’une école de pauvres et la continuât à perpétuité.
Mais l’influence de Démia rayonna bien au delà de Bourg et de Saint-Étienne. De toutes parts on lui demandait des maîtres et des maîtresses, pour tenir les écoles que l’on fondait. Quand il le pouvait, il accédait à ces demandes. C’est ainsi qu’en 1675 il envoya à Rives-de-Gier une institutrice, la sœur Marie Bertrand : l’école prospéra et devint le noyau d’une petite communauté. Avec la même complaisance, il détacha à Villefranche, à Saint-Rambert-en-Forez, à Saint- Chamond, au Chambon, etc., des instituteurs et des institutrices formés par lui. Mais, en dépit de tous ses efforts, il ne disposait que d’un personnel restreint, et, en règle générale, il engageait ses correspondants à lui envoyer à Lyon des ecclésiastiques bien doués, « pour y apprendre, sous sa direction », la manière de conduire les enfants, et pour rapporter ensuite dans leurs diverses résidences les bonnes méthodes puisées à la source. C’est ainsi que d’Autun arrive Dechavanne, et d’Embrun Bïancon. Des Stéphanoises de vingt ans vinrent s’instruire à Lyon et y. acquérir une expérience qu’elles allèrent ensuite utiliser dans leur pays. Lorsque, d’une façon ou d’une autre, il n’y avait pas possibilité de procurer les maîtres qu’on lui