ÉTAT DES FINANCES LYONNAISES
Furetière et de Boileau, de Ninon de Lenclos et de Marion Delorme. « En 1677, vingt-trois ans après l’inscription du premier rentier, la ville de Lyon avait 1 591 pensionnaires vivants et devait leur servir annuellement 1 129 513 livres ( 1 ) » . Tout cela fut gaspillé, dilapidé. La ville se trouva hors d'état de faire face aux échéances de ses dettes, et, pour sortir d’embarras, il fallut, d’une part, réduire d’un quart les rentes, d’autre part, surélever les tarifs de l’octroi.
C’est donc avec une période de détresse et de ruine financière que coïncidait l’entreprise scolaire de Démia. Et tout ce qu’il put obtenir du Consulat obéré, ce fut la modeste somme de 200 livres. Aujourd’hui, deux siècles plus tard, la ville de Lyon contribue pour plus de deux millions aux dépenses de ses écoles publiques.
Mais l’insuffisance de ses ressources ne troublait pas la confiance de Démia. Il allait de l’avant, convaincu de l’utilité de ses fondations, et comptant surtout sur l’assistance de Dieu. Temps singuliers et, osons le dire, heureux par certains côtés, où la foi ardente et sincère en la Providence divine soutenait l’effort humain. Lorsque, enl688, Démia, dans Y Avis qu’il adressait au lecteur, résumait le travail accompli en vingt ans, il disait : « L’œuvre a continué longtemps à rouler sur le fonds principal de la divine Providence... » On n’avait pas alors à espérer qu’un vote du Parlement attribuât de fortes subventions pour la création des écoles. On s’adressait sans doute aux pouvoirs publics, mais
A Voyez Y Histoire de Lyon de M. Sébastien Charléty.