‹ Charles Démia et les origines de le̕nseignement primaireChapitre 31 sur 54 · RESSOURCES FINANCIÈRES · texte numérisé non relu

RESSOURCES FINANCIÈRES

quand ils ne voulaient pas ou ne pouvaient pas se montrer généreux, on se passait de leur concours. On faisait des quêtes dans les églises, et en ville, surtout pendant le carême. On comptait sur l'initiative privée, et l’on verra tout à l’heure que les libéralités des particuliers ne firent pas défaut. On comptait sur soi, parce qu’on pensait être « l’instrument de Dieu », l’intendant de la Providence, comme on le disait de Vincent de Paul. Et malgré toutes les difficultés on réussissait.

Ajoutons pourtant tout de suite que ce que Démia appelait « le fonds de la divine Providence », c’est lui-même qui le fournissait, pour une large part, sur son avoir personnel, et en sacrifiant son patrimoine. Il n’a pas été seulement l’initiateur de la fondation des Peti tes-Écoles et leur organisateur, il en a été le bienfaiteur et, à l’origine, le principal banquier. « Dieu, disait-il, l’avait voulu employer pour lui rendre par une si belle occasion une partie des biens dont il l’avait si libéralement pourvu».

Pendant quinze ans, ce fut par ses libéralités discrètes, et presque secrètes, que Démia subvint aux besoins des écoles qu’il ouvrait l’une après l’autre. Mais, en 1680, il crut devoir procéder à un acte public et à une donation en forme : non certes par ostentation, mais parce qu’il pensait donner ainsi un exemple qui serait suivi, et encourager, exciter les donateurs, qui ne se pressaient pas d’accourir :

« Il voyait que rien n’a été suffisant jusques ici pour engager aucune personne à faire la fondation d’une seule école;... il craignait d’ailleurs qu’une si sainte œuvre ne fût en danger d’échouer, faute de fonds ; il doutait que Dieu

LIBÉRALITÉS DE DÉMIA 1

pourrait par là exiger de lui qu’il fît telle fondation que jusqu’ici personne n’avait voulu faire, et qui pourrait peutèfre dans la suite servir de motif et de modèle à d’autres, pour faire quelque chose de plus considérable et de plus parfait 1... »

' Pour ces raisons diverses, le 27 septembre 1080, Démia déclara par-devant notaire qu’iï « fondait » en la ville de Lyon une école de pauvres garçons, au quartier qui serait par lui désigné. Les conditions imposées par le fondateur étaient celles qu’il avait établies pour toutes les écoles des pauvres : conditions d’admission des élèves, de nomination des maîtres, etc. En outre, il spécifiait que, s’il était contrevenu de façon ou d’autre aux clauses du contrat, «le revenu de la fondation serait dévolu de droit au directeur des Pilles pénitentes, pour être consacré aux œuvres de Démia, séminaire de Saint-Charles, Conseil de charité, Bureau du prêt charitable (1) ».

De toutes les donations qui furent faites aux écoles, Démia n’en mentionne que deux, la sienne, et celle de l’archevêque de Lyon. En 1685, le cardinal de Neuville fit don « aux directeurs » des Petites-Écoles d’une rente annuelle de 1 002 livres 10 sols. Cette rente perpétuelle provenait d’une créance, du fonds principal de 20 050 livres qui étaient dues à l’archevêque par le prévôt et les échevins. Le Consulat comptait donc l’archevêque parmi ses nombreux créanciers. Les charges ï imposées à la donation étaient les suivantes : que j la somme serait exclusivement employée à l’entre-

(i) Voyez Règlements , etc., p. 76 et suiv

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