PÉDAGOGIE DE DÉM1A
Démia, dans la multiplicité de ses œuvres, a fait preuve des plus rares qualités d’initiative. 11 a été un homme d’action, mais il était aussi un homme de réflexion et d’étude. Il ne s’est pas borné à ouvrir des écoles et à trouver les moyens matériels de les faire vivre : il a réfléchi sur les questions d’éducation et sur les méthodes d’instruction. Il a eu des vues pédagogiques qui, sans être des plus originales, témoignent au moins de beaucoup de sagesse et de bon sens ; et il a réussi à les mettre en pratique dans ses écoles (1).
Remarquons d’abord que les Petites-Écoles de Démia étaient exclusivement réservées aux indigents, aux « pauvres certifiés», comme il disait. On expulsait les écoliers trop légèrement accueillis, quand on apprenait que leurs familles « étaient assez bien à leur aise ». Dans les délibérations du Bureau, on revient souvent sur la question, et on insiste pour que cette première condition d’admission soit scrupuleusement observée, « la réception des enfants riches devant être considérée comme la ruine des Petites-Ècoles ».
(1) Démia n’a pas exposé ses vues dans un ouvrage spécial. Il faut les extraire des Règlements, qui, préparés dès 1673, ne furent rédigés sous leur forme définitive qu’en 1688.