‹ Charles Démia et les origines de le̕nseignement primaireChapitre 35 sur 54 · PRÉCAUTIONS HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS HYGIÉNIQUES

Mais précisément parce que les enfants admis appartenaient à un milieu des plus pauvres, et qu’ils étaient des plus exposés, dans leur vie misérable, aux conséquences du manque de soins et du défaut d’hygiène, Démia prenait des précautions pour s’assurer de leur bon état physique. Ce n’est pas nous qui avons inventé, dans notre législation scolaire, l’obligation de l’examen médical. Dès 1681, Démia avait décidé que dorénavant aucun enfant ne serait reçu sans qu’il eut été, au préalable, visité «par quelque médecin ou chirurgien, afin de constater qu’il n’était pas atteint de quelque maladie contagieuse (1) ».

L’admission de chaque enfant était entourée de formalités : prononcée par le recteur de chaque école, provisoirement et pour huit jours, elle ne devenait définitive qu’aprèsla sanction du directeur général.

On exigeait d’ailleurs des parents divers engagements. On demandait que la famille collaborât avec l’école, pour l’éducation morale et religieuse des enfants. Les parents devaient s’engager à faire dire la prière matin et soir et réciter le catéchisme, à empêcher les absences, ou à en donner les raisons, quand elles se produisaient, enfin « à avoir un soin particulier de détourner les enfants du vice et de les porter à la vertu ». Démia n’était pas de l’école des Jésuites qui, voulant s’emparer de l’élève tout entier, le séquestraient, pour ainsi dire, et le séparaient absolument de la famille.

(i)Dans les Règlements , il est dit que « seront rejetés les enfants dui ont la rache , les écrouelles ou autres maladies qui se communiquent ». C’est sous le nom de rache qu’on désignait autrefois les diverses maladies éruptives de la tête, et notamment la teigne.

PÉDAGOGIE DE DÉMIA.

Il n’y avait pas pour l’admission à l'école un âge réglementaire. Démia se contente de dire que les enfants ne doivent pas entrer à l’école « avant qu’ils puissent profiter ». La durée de la scolarité n’était que de quatre ou cinq ans. On ne la prolongeait pas davantage, afin de donner aux enfants «le moyen de s’employer dans les métiers et états ». Nest-ce pas pour la même raison que notre législation actuelle limite à treize ans la fréquentation de l’école, alors qu’il serait pourtant nécessaire de la continuer plus longtemps pour que l’instruction primaire donnât des résultats sérieux ? Il faudrait, pour imposer üne scolarité plus longue, trouver le moyen de concilier l’obligation de l’instruction et les nécessités de l’apprentissage ; etilestintéressant de noter que Démia, en ce qui concerne les filles, croyait cette conciliation possible : « Pour les filles, que les dames tiennent en apprentissage pendant qu’elles fréquentent les écoles, elles pourront être plus longtemps à l’école».

Un détail curieux, c’est que Démia admettait parfois des adultes dans ses Petites-Écoles. « Des ouvriers, des valets », étaient autorisés à y venir, pour participer à certains exercices, pendant le temps qu’ils pouvaient distraire de leurs occupations. C’était comme un commencement de cours d’adultes englobés et fondus dans les classes régulières de l’école.

Les écoles de Démia ne comptaient chacune qu’un assez petit nombre d’élèves. La plus populeuse n’en avait que 150 environ. C’était du reste la condition ordinaire des écoles de ce temps-là, d’être très médiocrement peuplées. En 1688, la

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