EMPLOI DU TEMPS
quelques punitions; le général avait le droit d’exempter une fois du fouet, trois fois delà férule, et le simple chevalier de quelques férule^ seulement....
La première demi-heure est consacrée à une sorte d’étude préparatoire : récitation des leçons et du catéchisme. A sept heures et demie, la classe commence ; elle commence par une prière commune, qui est minutieusement réglée; les élèves à genoux répètent les formules dites par les aumôniers ; s’ils se trompent, ils en sont avertis d’un coup de baguette par les intendants ; et, en outre, le préfet de modestie , placé de façon à être vu par tous les élèves pour leur servir de modèle, exécute tous les mouvements rituels qui conviennent à la cérémonie; un peu comme, dans nos fêtes de gymnastique, le maître ou le moniteur, posté sur un siège élevé, accomplit toutes les manœuvres qui doivent être immédiatement après reproduites et répétées par tous les gymnastes. A la prière suctièdele catéchisme, et au catéchisme le déjeuner. Le maître distribue le pain aux enfants « selon leur nécessité » : c’était comme un humble commencement des cantines scolaires ; et, pendant la distribution, les aumôniers chantent : Edent pauperes et saturahuntur , « les pauvres mangeront » ; mais ils ne mangeaient pas toujours. Le pain manquait parfois, et, dans ce cas, onchantait, sans y mettre d’ironie : Non in solo pane vivit homo ... Un chant religieux remplaçait la nourriture? Ce ne sont pas les petits élèves des écoles de Lyon qui auraient pu dire comme faisait l’auteur de Y École paroissiale : Omnis repletio mala , panis vero pessima ! ...
PÉDAGOGIE DE DÉMIA.
Le déjeuner ou le simulacre du déjeuner une fois terminé, on passe à l’exercice de la lecture : « Lecteurs, prenez garde à vous! » crie le sousmaître; et tour à tour les différentes bandes sont appelées à lire, en commençant par la bande des plus savants. Pendant qu’une des bandes lit, le chef de la suivante fait le tour de la classe, ayant à la main une baguette ou un petit guidon pour avertir ses camarades de se tenir prêts. Vers neuf heures, après la lecture, vient l’écriture, pour les écoliers les plus avancés, pendant que les autres continuent à lire; et ce nouvel exercice dure environ une heure. Une prière le précède; une prière le suit. Tout est réglé dans l’école de Démia, comme le sont des manœuvres militaires, par commandements précis : « Écrivains, préparez-vous ; prenez vos plumes; montrez-les; faites le mouvement delà plume; prenez de l’encre; disposezvous; écrivez... » Après l’écriture, pendant un quart d’heure, — ce qui est bien peu, — et encore « si le temps le permet », ont lieu d’autres exercices qui varient chaque jour : le lundi, « la dispute de l’arithmétique, » (1); le mardi, la dispute de l’écriture et de la « lecture par remarques »; le mercredi, la civilité; le jeudi, la manière de servir la messe; le vendredi, la revue des bons et mauvais points, distribués pendant la semaine; le samedi enfin, l’orthographe.
A l’issue de la classe du matin, et régulièrement
(1) On remarquera ce mot de « dispute », emprunté au vocabuaire des Universités du moyen âge, où il y avait des disputes sur les questions de théologie, de philosophie, et qui semble indiquer que Démia, sans pratiquer encore les méthodes actives, faisait cependant parier ses élèves.