EXERCICES DIVERS
chaque jour, les élèves entendent la messe. Puis ils rentrent dans leurs familles, et la surveillance scolaire les suit dans les rues. Ceux qui habitent les quartiers les plus éloignés partent les premiers. Un vingtenier ou un dizenier les accompagne, et avant qu’ils franchissent le seuil de l’école, un des intendants leur dit : « L’on vous recommande, mes chers confrères, de sortir modestement de l’école, de vous retirer promptement en vos maisons, sans faire du bruit par les rues, ni vous arrêter que pour saluer le Saint-Sacrement... »
A la classe du soir, qui commence à une heure et demie en hiver, à deux heures en été, et qui dure jusqu’à quatre heures, on observe à peu près le même ordre que le matin dans les divers exercices qui se succèdent : catéchisme, lecture, écriture, etc. Ajoutons qu’une demi-heure avant la classe du soir, les écoliers les plus grands reçoivent une leçon de plain-chant. Vers quatre heures, il y a un goûter, aussi frugal que le déjeuner du matin. Quelques élèves sont autorisés à rester toute la journée à l’école, s’ils ont soin d’ « apporter leur petite portion pour le dîner » : auquel cas l’école leur fournit le potage.
On voit avec quel soin méticuleux était réglé l’emploi du temps dans les écoles de Démia. La machine scolaire fonctionnait avec une précision automatique et une rigidité mécanique. Inutile de faire remarquer que la vie, le mouvement libre et spontané y faisaient défaut, et qu’une réglementation aussi inflexible jusque dans le moindre détail, excluant toute initiative, devait aboutir fatalement à la routine. Que Démia recommande aux
PÉDAGOGIE DE DÉMIA.
élèves, pendant les exercices, « le silence, la modestie et l’étude », on ne peut que l’en louer, d’autant qu’il ne négligeait pas de leur donner quelquefois la parole, puisqu’il les invitait à « disputer les uns contre les autres ». Mais où nous avons lieu d’être surpris, c’est quand il engage les maîtres eux-mêmes « à parler le moins possible » •et à se servir de la clochette ou autres signaux, pour indiquer la marche des exercices. C’est, du reste, une pratique qui se développera dans la pédagogie de La Salle. La Conduite des écoles chrétiennes veut que l’instituteur ne parle que « très rarement et fort bas » ; et elle invente, pour remplacer la parole, tout un système de signes, une sorte de télégraphie scolaire. Démia admet bien, d’ailleurs, que « dans la suite des temps, pour assurer la perfection de l’œuvre », il puisse y avoir certaines choses « à ajouter ou à retrancher » dans la teneur de ses règlements ; mais ces modifications 11e devront être faites qu’avec le consentement du Bureau, et on veillera à ce qu’elles ne soient pas acceptées « légèrement ».
Le dimanche, les enfants n’étaient pas livrés à eux-mêmes. Ils revenaient à l’école à huit heures, pour y entendre une lecture pieuse, tirée de la Vie des saints ou de Y Instruction de la jeunesse , et pour être ensuite conduits à la messe. Dans l’aprèsmidi, pour les empêcher de « se dissiper », pour ne pas les exposer à perdre en un jour le fruit du travail de toute la semaine, on les rappelait encore à l’école : pour les exercices religieux, sans doute, le catéchisme et les vêpres; mais aussi pour les occuper et les amuser, « en les divertissant saine-