PAROLES DE BONTÉ HUMAINE
Saint-François de Sales, dans son doux langage, disait :
« La supérieure, pour que la mutuelle charité et la sainte amitié fleurisse en sa maison, ouvrira sa poitrine maternelle et amiable à toutes les filles également, afin que, en toute confiance, elles aient recours à elle en leurs doutes, scrupules, difficultés, troubles et tentations. »
C’est le même sentiment qui inspire à Démia de tendres paroles, comme celles-ci :
« Il faut captiver l’affection des élèves : il faut qu'elles s’attachent à leurs maîtresses comme à des mères tendres... Il faut avoir une charité égale pour toutes, souffrir sans impatience leurs imperfections, éviter toute affection et toute inclination particulière, ne leur dire jamais une parole dure, ne leur parler jamais avec colère, chagrin ou mépris... »
Il est vrai qu’à travers ces paroles de bonté l’esprit ascétique reparaît parfois :
« Évitez de les tutoyer, et de leur donner des marques d'une amitié trop sensible et naturelle... »
On a fait honneur à Franklin de la méthode qu’il préconisait pour travailler à l’avancement moral, celle qui consiste à commencer par dénombrer les défauts dont on veut se corriger, les vertus qu’on souhaite acquérir, et, dans la lutte qu’on engage, à diviser reffort, à sérier les difficultés, afin d’assurer la victoire. C’est ce que nous lisons, en toutes lettres, dans les écrits de Démia, quand il recommande ce qu’il appelle « l'examen particulier » (1) :
(1) Dès 1664, Démia avait compose pour son usage personnel et pour sa conduite particulière, un règlement, où il mettait à profit la règle de perfectionnement moral que nous indiquons
ÉDUCATION DES FILLES
« Il faut : 1° N’entreprendre jamais qu’un vice à la fois ou qu’une vertu, et ne la point quitter qu’on n’en soit devenu en quelque façon maître ; 2° ne les pas prendre, ces vices ou ces vertus, selon toute leur étendue, mais les diviser en diverses parties et en plusieurs degrés... »
Il y avait, à n’en pas douter, chez Démià, l’étoffe d’un moraliste, et d’un moraliste avisé* capable de comprendre le prix de la réflexion intérieure et de l’effort personnel. Il savait la puissance de l’habitude, l’action des premières impressions de l’enfance.
« L’expérience ne fait que trop voir que les crimes ne sont ordinairement commis que par ceux qui ont été mal élevés.!. Les bonnes habitudes contractées dans la jeunesse ne se perdent que très rarement. La semence jetée dans les esprits germe tôt ou tard... »
Il considérait l’éducation comme le plus grand des biens, et c’est de l’école, de ses leçons et de ses exemples, qu’il attendait le grand bienfait d’une éducation qui, en éclairant l’esprit, échauffe la volonté.
« Les ecoles seront comme des académies de la perfection de ces pauvres enfants, où les fougueuses passions de ta jeunesse seraient domptées et soumises à la raison, leur entendement éclairé des vertus qu’on leur enseignerait, leur mémoire remplie de bonnes choses qu’ils y entendraient et la volonté échauffée par les exemples de vertu qu’ils y verraient pratiquer. »
Résumons-nous. Démia a été, avec modestie et discrétion, un véritable précurseur, en matière d’instruction primaire. 11 a conçu des idées neuves, originales pour son temps ; et ces idées, grâce à