‹ Charles et Caroline, ou, Les abus de l'ancien regimeChapitre 13 sur 38 · Y E II N E U I L · texte numérisé non relu

Y E II N E U I L

Ail ! mon ami , , pourquoi mon père ne t’entend-il pas dé^ ployer cette éloquence persuasive, qui me laisse sans force contre toi? C’est un bôn père; mais il tient à ses opinions., il a pour lui les ioix , et il invoque leur secours, é - C K A R L E S.

J’invoquerai , moi , la nature et les hommes qui la coniioissent.

Les hommes sensibles te plaindront et voila tout. Des juges intègres prononceront la dissolution d’un nœud,,.

Ils oseroient le faire !

Ils ne peuvent s’en dispenser.

M’empêcheront-ils de respecter mes sermens ! Fermeronf-îîs mon cœur àu c i de rna conscience , qui me répétera sans cesse: sois honnête homme et remplis tes eno;ao;eaiens.

V E R Ts^ E U I L.

Tu as déjà encouru la haine de ton père,j Charles.

Elle est injuste et (dest assez pour moi. .

Sa vengeance te poursuivra. ' ' ^

Charles. ’ ^

Je tâcherai de m’y seustraire. : :2. ^

Tu t’en flattes envain. Tu 11’ échapperas pas aux /ecîierches de ces êtres vils, qui font mériter de la délation eS de la trahison. , . , , ^

Charles.

Je me défendrai, je défendrai les miens,

Tu succomberas sous le nombre.

J’aurai fait ce que j’aurai pu. Je recommanderai ma fa-mille à la proyidencç , et ma yen’gea»çe aux mi% ‘ de h probité#

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Foibîes ressources! 11 est des moyens plus sùrs..,i C H A R L E

Et lesquels?

Verneuil.

Céder pour uti moment, paroître te rendre au-x désirs de! ton père, donner les mains à ses projets, et plus tard..,< C.H A R L E S.

Déshonorer ma femme! Verneuil, Verneuil, je ne suis ni foi’üle , ni injuste J de tels cru élis sont dép)lacésé Verneuil.

Que veux-tu donc faire?

Mon (levoiri il est au-dessus de vos usages , de vos pré^ jugés et de vos lüix. Oublions un moment mon amour, mon bonheur et tout ce qui m’environne. Ne consultons que l’honneur : il doit être sacré pour toi. Caroline encore entant^ n’ayant que des vertus, et ne soupçonnant pas quhl existât des vices , Carc.line me plut, je le lui dis , et son cœur fui le prix du mien. Je l’enlevai à sa patrie , je lui fis taire une démarche dont elle ignoroit les conséquences : l’innocence est sans armes, aussi n’éprouvai-je point de résistance; maié je jurai par le ciel et par cet honneur, qu’on veut que j’oublie , d’être à ]am*iis sou amant, son époux, son protec»* tenr. Si je suis tout pour elle, si elle n’a que nui dans l’univers entier, qui sente et qui adoucisse ses peines, dois-je Mcheraent les aggraver ^ déchirer un cœur où mon image est gravée en trait cle feu , vouer à l’infamie celle qui s’est fiée a ma foi , payer raraour par un parjure , la confiance par une perfidie , et mon retour à la fortune par le comble de la scélératesse ? Réponds. Si tu étois mon juge oserois^tis prononcer contre moi ?

Verneuil.

Ah î mon ami , tu me soumets, tu me subjugues , et maîlieureusement je ns puis rien pour toi.

C HAR LES, aj)j)erçevant Caroline,

La voilà celle qu’on veut que je trahisse.. Regardes ef jiiges-moi.

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