SCENE PREMIER E
VERNEÜIL père, V E R N Ë U I L fils.
Verneuil père.
Î^ON, Monsieur, non, je n’en entendrai pas davania^rf» Vos rélJéxions ne rendent pas la''faute de votre frère moins grave , et je n’en suiverai pas moins mes projets.
Verne U il fils.
Mais mon père...
Verneuil père.
Maïs , mon fds , il n’y a point d’erreur qu’'on ne puisse colorer avec un peu d’esprit. D’ailleurs , vos instances me fatiguent : faites-moi grâce de ce que vous pourries ajoutex* encore. '
Me faites-vous un crime de mes prières? Voudriez-vous...
Verneuil père.
Non, je ne blâme pas, j’en conviens, le sentiment qui vous a conduit vers moi. Votre frère a toujours des droite à votre arrtitid , et vous . avez du prendre sa défense. Mais ce frère rebelle à mes volontés, insensible a mes menaces, passant du désordre à la misere, et rdayant plus qu’un pas à faire, pour tomber dans l’avilissement-, votre frère a éteint en moi tout sentiment de tendresse. Enfin, mon Els , voué venez de faire votre devoir , et je ferai le mien.
Verneuil fils.
Quoi , décidément, Monsieur, vous allez- vous armer conlr© lui, solliciter la cassation d’un ifnariage...
Verneuil père.
Je ferai mieux. Monsieur, je l’obtiendrai. Votre frère ne m’a pas consulté, pour se livrer à son fol amour. Il n’ignoroit pas cependant qu’il étoit sous ma dépendance ; il connoissoit les loix : a-t-il cru que je n’en réclamerois pas l’appui? S’est-il fiatté d’échapper à leur vengeance? Vous lîaltez-vous, vous-même , qu’oubliant les obligations de mon état , renonçant au fruit d« trente ans de soins et de travaux , jé partagerois enfin les égaremens de votre frère par une indulgente cri^niaelle ? ^