‹ Charles et Caroline, ou, Les abus de l'ancien regimeChapitre 22 sur 38 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

•J- Verneui L-père, setd.

f^nimeir r ® ü’abandouner sans firorls une

^u ,e e^r^vV quîlai doit être cher,

u! , ,c lesens, lele mepriserois , et ce seroit pour moi le

inTeZemVst'dtr""*'^^'"': est’iouable , la

J â dislanr, 1 '!.Pr ”■ je ne peux m’écarter,

fie. f r ^ ® ‘-•onditions n’est pas une.himère. La dilFérence

ta„tees"®Iey^ ces.

«vantares. Je dois m y opposer, je le dois et je le veux.

SCENEIII.

VErnEUIL père , B A Z I L E..

B A Z I LE , s’échappant des mains des domesii, pies qui veulent

M' le retenir, ^ '

Aïs queuque cVst donc quVa ? JVous dis qu^i faut que iui parle , et pour alf^aire pressée. ^

Verneuil père.

Ou’y a-t-il ? ^ ‘

Cest nous , Monsieur , qui venons vous rendre un service «t il qui vos valets vouîorit barrer l’entrée.

' Y E R N E U I L père.

Laissez cet homme , je l’entendrai. ( Les domestiques sortent >.

E A Z I L E à /li:; cantonnade, ■ . ^

Allez , Messieurs, retournez à vot’ poste, et soyez pus polis une autre fois avec l’siionnètes gens qui avont besoin de vous.

pere.

Que voulez-vous , mon ami?'

B A Z I L E saluanf.

Monsieur. ... Je m’appelle EazUe . honnête homme de prolessior. commissionnaire de mon métier, et l’ami particulier de Cliai aCs Verneuil. .. , que vous connoissez ben.

VElti-fEUlL père, douloureusement,

,V eus êtes sca ami. , , , . Afc !, le malheureux !

ET C J R O t I JSf B A Z I L E.

CVest pas mon amitié , Monsieur, qui faiC son malheur» Ben au contraire ^ et il vous en rendroit témoignage : c’est îa colère, c’est l’abandon de son père, qui font son tourment. Mais il n’iierit qu’a vous qu’tout ça finisse : laissex-Ià vos orgueilleuses fariboles, morgue, soyez père : nature vat’ ayant tout.

Verneuil père.

Mon ami , ces clioses-là ne vous regardent pas,

Eh! pourquoi ça! Monsieur? parce que je sommes pauvre; pârce que je n’avons qu’un mauvais habit ? N’faut pas juger l’homme par sa couverture, c’est à l’usé qu’on connoît l’drap., Y a là dessous un bon cœur qui sent vos chagrins , et qui veut y mettre eune définition. N’faut pas être d’qualité pour tOHi* patir aux peines d’ses semblables.

' Verneuil père.

Mon ami , vous m’étonnez.

Tant pis pour vous. Monsieur. Vous êtes étonné dVoîr que j’alions droit au but , que j’ne vous llagornons pas ? Je venons^ hardiment , parce que j’sommes chargé d’une bonne cause; j’avons confiance en vous parce qu’vous portez un air d’bonté, et que vot’cœur ne donnera pas un démenti à vol’ phisionomie. Vous êtez nob*, vous êtes riche , c’est bien fait à vous; mais tout ça n’embarlificote pas, je vous en avertis. Au bout d’tout, vous n’êtes qu’un homme, j’en sis un autre, et entre hommes on peut s’ parler.

Eh bien! mon ami, parlons. Cluel est donc ce service qu» TOUS comptez me rendre ?

Je venons vous empêcher d’faire une soLtisec Vern euil père. .

Que dites-vous ?

B A Z I L E , appuyajtf.

Je venons vous empêcher d’faire une sottise. Pourquoi voulezvous désoler mon arni Charles , et poignarder sa Carolipe? ,(^’est-y juste, c’est-y beau? d’ailleurs. Monsieur, il y a enfant, y a un enfant....

V ERN.EUIL père , avec sentiment^

lié ! je le sais.

I^Vous l’savez ! J’aurlons parié qu’vous n’vous' en doutiez pa?; Oui , Monsieur, y a un enfant, beau comme l’amour , et qui vous ressemb’ comme deux gouttes d’eau,

Verneuil père, avec émçtion C*est assez 5 mon ami 5 c’esi assez.

^ H À RL Ë s

Non, Monsieur, ie n^’fjurons pas de cesse, que ie n’voue' ayons abattu tout-à-t‘ait. Vous vous attendrissez, c’est bonne rnarqüe. Allons, morgue, vienne un bon rémora ; que j’ayons îâ gloire de remettre le père et le fils dans les bras l’un d’I’aülrè. Dites tant seulement , je l’i pardonne , et y tombe' à vos pieds. ^

VERNEUlt père.

Il est ici ! /

B A Z I L È à defrti voix.

Oui J Monsieur , il est ici , et c’est nous qui l’y avons amené j y eraignoit d’y venir; mais je i’t avons répondu d’vous,

V E R ij E U I L pere.

II eraignoit de venir! Ah ! il sent trop combien mon ressèhtiment est juste.

Oui, Monsieur J vot’ressentimîsnt est juste , je n’en disconvenons pas; mais, à tout péché, miséricorde. Vous aviez un père autrefois, n’a vous jamais eu besoin de son indulgence? Ne vous a-t-il jamais rien pardonné ? Mettez la main sur la conscience, Monsieur, traitez l’s’autres comme vous avez été ben aise qu’ôn vous traitit vous-même, Charles n’a manqué que parce qu’il a le cœur bon, n’y a pas d’ quoi l’i en vouloir toute la vie. Oueu plaisir d’pardonner h son fils, d’adopter une famille qu’est si digne d’être heureuse , queu doux momens vous pouVezvousprocurer.il n’en sera pas r’tardé davantage,' J’vaâ chercher vot’fils, et vous n’rn’en dédirez pas, VerNEU iL père , apec cjfort^

Gardez-vous en bien , je vous le défends,

Comment, Monsieur.

VER.NEUIL pere , avec une tendresse s'efforce de

dissimuler.

Je ne veux pas le voir. . .. Je ne veux pas le voir, mon coeur lui est à jamais fermé.

' Çueu qii’c’est donc qu’ces cœurs d’qualité, oii qu’l’amitié va et vient k commandement! Vous n’ aimeriez pus Charles, et TOUS êtes son père ? C’est impossible , ça , Monsieur. Quoi , quand j’l’avons secouru, nous, qui ne lui sommes rien , qui ne i’connoissionspas,qui n’en avions pas seulement entendu parler, vous ne seriez pas honteux de vous montrer père sans naturel, et d’ajouter k ce que souffre déjà c’pauvre garçon, l’fardeau «le vot’inirnilié ! Une haine éternelle est indigne d’un honnête homme , et on n’doit pas frapper l’foible qui demande grâce. ... Mais , non , Monsieur , non , vous ne perséV-érerez pas dans «le pareils desseins. Vous avez trop conlpté sur vos forces ,,en faudroit de suraaturelles , pour résister à un enfant repentant

‘ET CAROLINE. ih

soümîs. Viens, Charles, viens , mon camarade. Encore uii ^IFort , et tout est réparé.

Page 1