‹ Charles et Caroline, ou, Les abus de l'ancien regimeChapitre 37 sur 38 · S CENE Y I I · texte numérisé non relu

S CENE Y I I

LES PRÉCÉDENS VERNEUILEb.

V\' ERNEUIL fils, accourant ,

OUS etes sauvés î Vous êtes sauvés! Je suis entré chez Je Ministre avec la rapidité de l’éclair ; i’écarte ses valets, )©• perce la foule des solliciteurs , je parviens jusqu’à lui , et i© tombe à scs pieds.

Le Comte

Di

5 a jyarf.

Verî^eüil gk.

On vient de commettre un crime sous voire nom , lui dis-je, et j ^ose vous en demander justice, ü h scélérat qui a surpris votre conoance ose en faire l’instrument de ses passions. IVlonfrèrea inérilé une épouse vertueuse ei belle^ Prévai a voulu la lui ravir; ia noble résistance de cette femme, au lieu de le rendre à lui-meme , la porte aux derniers- excès. 11 a conçu IMiorrible dessein défaire enlever l’époux pour subjuguer l’épouse sans defeuse et sans ressource. Mon père a consenti à ce projet , dont il neprévoyoit pas les suites ; mon père ^ bon et aimant^ s’est rendu aux malignes insinuatioiiis d’un homme qu’il connoissoit mal; mais, jVlonseigneur , quand vous lui confiez des. blancs^ devez-vous en ignorer îVmpîoi ? Doit-on en faire un moyen de séduction et d*^ tyrannie ? Pouvez-vous tolérer de tels abus? Au moment où je vous parie , mon frère, mon malheureux frère , est peut - être accablé sous le poids de ses fers. Bon citoyen, bon fils^ bon mari , bon père ^ il a des droits sacres à votre estime , et vous le rendrez à ma tendresse. Mon père, inieux instruit, joindroit ses prières aux miennes, et si vous avez une grande place, Monseigneur , ce n’est pas' ])Our fouler le peupie^ c’est pour le soulager ; si vous êtes 3 evoi-u d line autorité sans bornes , c’est qu’on vous en a ctli digne, et vous trahiriez a la fois tous vos devoirs, en ne protégeant pas l’innocence opprimée , et en ne sévissant pas-, contre son oppresseur. '

^ Le C O M T E , éï -part.

Je suis -nerdu. Ver NE Ü il fils.

Le miîii itrg ine relève ^ m’embrase ^ me console. Ce n’est pas la première fois dit-il, que Prévai a abusé de ma’confiance. J’ai cédé aux marques feintes d’un repentir simulé ;c ses excuses , ses prières ne m’abuseront plus. Je ne le condamnerai pas sans l’entendre ; mais plusj il m’a trouvé injulgent , plus je serai inexorable. Ou’il vienne me rendre Compte de sa conduite ^ voilà l’ordre qèii lui en fait une loi^ voilà celui qui vous remet dans les bras de Tclre frère ^

E T CAROLINE. ' 6

i^aaCointe.) Je vous remets l’ordre du ruinistre ; celui-ci est respeclabie , car il est juste. Allez méditer des moy ens de défenses illusoires , faux, et qui demeureront sans elfet. La probité i’Iionneur et la nature vont s’élever contre vous, ét vous n’étoufferez pas leurs voix.

L A F L E U R , « parL au Comte.

r Sortons du Royaume , Monsieur , on nous contràindroit k devenir honnêtes gens. (L<? Comte sort a:^ec sa suite.^

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