CONGÉ REFUSÉ
Ecosse qui, au retour, devait être suivi d'une visite à son vieux père pour Faider à la liquidation de son usine, et pour remmener avec lui; c'était Fécroulement de son rêve tant caressé de travailler avec Laurent et pousser vivement en avant dans la science les vues que leur association ne pouvait manquer de rendre plus claires, plus irréfutables et plus fécondes.
Il en tomba malade et fut, pendant plusieurs semaines, incapable de reprendre ses travaux. Enfin, il en prit son parti.
Je me suis beaucoup chagriné, écrit-i le 8 novembre 1846 à Cahours, c'est une sottise, je me moque maintenant de tout cela et m'habitue à Tidée de passer ma vie à Montpellier. Je m'occupe de science toute la journée et cela me fait oublier ce triste séjour; je suis très heureux avec ma femme, et mon petit garçon charme mes loisirs.
C'est une folie que Tambition, elle ne rend certainemeot pas heureux... Je n*ai pas mis le pied au laboratoire depuis mon retour, mais je me suis fait arranger chez moi un petit laboratoire où je pourrai maintenant travailler à mon aise.
Ce dernier détail n'est qu'une conséquence naturelle de la monstrueuse théorie de l'administration, sanctionnée, on se le rappelle, durement par le ministre de Salvandy, qu'un pro- M fesseur de province ne pouvait pas faire servir son laboratoire j , à autre chose qu'à, la préparation des cours. Qu'on s'étonne alors de l'énervement de l'initiative, et de l'infécondité, ou plutôt de la nullité des Facultés de province h cette époque : les plaintes ne venaient pas seulement d'hommes qui, comme Laurent et Gerhardt, étaient des créateurs de doctrine, prétendaient au rang de chefs d'écoles et désiraient ardemment un champ d'action digne d'eux; mais encore de savants qui, comme Malaguti* à Rennes, faisaient grandement honneur h leur chaire et se résignaient facilement h la vie de province.
La campagne de défense contre les attaques de Liebig n'était Gerhardt pas finie, et si les moyens de la mener avaient été rendus uurent
■ "^ de venir
à Montpellier.