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Lettre de MalaguU à Gerhardt, du i^^ janvier

plus difficiles par le refus du congé, — dont Gerhardt avait do sérieux motifs pour accuser Dumas*, — les deux amis n'étaient pourtant pas d'humeur à y renoncer. Le témoignage des efforts persévérants de ces lutteurs subsiste dans les lettres qu'ils échangèrent, et nous ne pouvons mieux faire, pour en faire suivre les péripéties, que d'en donner comme précédemment quelques extraits.

Gerhardt à Laurent.

Montpellier, 20 novembre 1846.

Votre lettre nie désole; je vois que, pour le moment, il n'y a rien à faire à Paris. Il faut frapper un grand coup et ne pas faire la guerre de guérillas, cela n'aboutit à rien. Nous aurons beau lancer des notes incendiaires, elles ne prendront pas, elles n'auront pour effet que d'indisposer tout le monde contre nous. Vous êtes découragé. Seul, je n'ai pas beaucoup de courage non plus; la besogne est si forte que je ne suis pas de taille à en abattre beaucoup tout seul. 11 est urgent de livrer une bataille rangée, nos forces réunies. Voici ce que je propose, réfléchissez-y un peu et vous verrez que c'est le seul parti à prendre : vous avez un congé d'un an, donc vous pouvez vous transporter où bon vous semble. Au lieu de vous ennuyer à Paris et de perdre votre temps, venez ici jusqu'aux vacances prochaines ou jusqu'au printemps; si cela vous paraissait trop long, d'ici à Pâques: vous n'auriez, dans tous les cas, rien de nouveau à Paris. J'ai tout ce qu'il faut au laboratoire, quelques jeunes gens pour leur faire faire des préparations et des analyses. Dans huit ou dix mois, nous pourrions, à deux, faire autant que chacun séparément dans quatre ou cinq ans : pendant ce temps, nous ne soufflerions pas mot et nous laisserions les Parisiens patauger comme il leur plairait; puis, aux vacances, nous lirions successivement une demi-douzaine de travaux complets : cela ferait bien autrement de l'effet que les quelques notes lancées de temps à autre.

De cette manière, nous pourrions reprendre une à une toutes les ((ucstions, combattre corps à corps et les abîmer. C'est alors que les journaux politiques nous appuieraient aussi, et vous savez fort bien que ces messieurs de la coterie tiennent beaucoup à leur réputation. Alors aussi nous pourrons faire nos conditions. 11 n'y a pas moyen de nous tirer d'affaire autrement. Et, tout en faisant nos travaux de laboratoire, nous nous mettrons à faire le volume que nous avions

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