LcUre de Laurent à Gerhardt, du 20 novembre
io6 LA VIE DE CHARLES GEHIIAHDT
flcation. Je lai remercié et je me suis contenté de lui faire sentir qu'il n'avait cité M. Regnault que parce que celui-ci est membre de TAcadémie et que lui, Péligot, serait bien aise d'avoir sa voix.
Ce manque de justice, qui dénote la petitesse d'esprit de ses auteurs, paraît être Tune des armes favorites des adversaires des deux novateurs ; elle n'est pas la seule :
Laurent s'est empressé de faire imprimer que je lui enverrai un certain corps pour faire croire que je suis son adhérent ou du moins son admirateur, disait Persoz à un de ses collègues de Strasbourg. Eh bien! je montrerai qu'il s'est trompé, car je ne lui en enverrai pas! Je crois, ajoute Gerhardt*, qui cite cet aimable propos à Laurent, que si vous n'étiez pas l'ami d'une canaille comme moi, il vous en enverrait.
On a peine à concevoir une époque si troublée dans le domaine d'une science comme la chimie, où, en définitive, le dernier mot revient h des questions de fait : il est vrai cependant qu'entre le fait et la connaissance du fait, c'est-à-dire la vérité, il y a Tœil et Tesprit de Tobservateur, du chimiste, et que la personnalité est rarement assez modeste pour s'annuler : ce n'est que le vrai savant qui sait voir.
''**^un Mvatit^*^ Les attaques de Liebig n'avaient pas produit leur effet contre allemand. j^g deux rudcs Champions des idées nouvelles dans leur propre pays seulement : toute l'école de Giessen avait fait chorus avec leur chef; et Will, Hermann Kopp, etc., se répandaient en injures avec l'aménité dont ce môme chef leur avait donné l'exemple.
; Cependant, c'est d'Allemagne que devaient surgir les pre-
miers défenseurs des doctrines anathématisées par les Berzé- I lius, Liebig, Vœlkel et autres, et de plus, Liebig lui-même [ devait être l'objet de revendications formelles et précises dans son domaine des substances végétales et animales où il prétendait régner en maître.
Mulder* en effet venait de faire paraître une brochure de