‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 108 sur 274 · MORT DE SON PÈRE · texte numérisé non relu

MORT DE SON PÈRE

suite h son vif désir d'amener son père auprès de lui * dans Tespoir que le climat du Midi remettrait sa santé si gravement atteinte, et, dans ce but, il lui avait offert de profiter des vacances de Pâques, du 20 mars au 12 avril, pour aller Taider.

Ses dispositions de voyage étaient prises lorsque, le H mars, il reçut la nouvelle de la mort de son père qui succombait victime de son ardeur professionnelle, dans une courte crise, h l'intoxication saturnine, dont le diagnostic était alors fort peu connu.

Gerhardt, qui aimait et vénérait son père, fut profondément affecté de sa mort :

C'est un coup cruel pour nous tous, écrivait-il à son demifrère. Quelle perte sous tous les rapports! Et sa pensée passait en revue Tépoque bien peu lointaine où tous étaient réunis : Si quelque chose m'attriste en me rappelant ces premiers jours de ma jeunesse, c'est de voir s effacer peu à peu les traditions de ce temps bien heureux par la mort de ceux à qui nous les devons, Gerhardt avait au plus haut degré le culte de la famille, et il faut bien reconnaître que sa vocation fût d'une puissance irrésistible pour qu'elle lui ait imposé la douleur d'une séparation, en quelque sorte violente, d'avec son père, jusqu'au jour o\x ce père reconnut cette vocation et pardonna à son fils.

Gerhardt renonça au voyage d'Alsace, en envoyant à son oncle Louis Weber, receveur général des hospices civils do Strasbourg, les pouvoirs nécessaires pour le représenter dans les opérations de la succession.

Celles-ci étaient compliquées de la liquidation de l'usine et subordonnées à l'existence d'un acquéreur; elles furent fort laborieuses et n'étaient môme pas terminées neuf ans après, à la mort de Gerhardt. Elles ajoutèrent souvent aux préoccupations de ce dernier, et les résultats définitifs furent quelques milliers de francs qui ne liquidèrent qu'en partie des emprunts auxquels les événements l'avaient forcé d'avoir recours.

1. Le père de Gerhardt auquel son fils avait fait la proposition de venir habiter avec lui, aussitôt qu'il apprit la mort de sa mère, l'avait d'abord déclinée en invoquant les nécessités de son industrie (lettre du 3 mai 1846), mais s'était ravisé deux mois plus tard (leUre du 1 juillet 1846), en demandant seulement un certain délai pour opérer la liquidation.

CHARLES GERHARDT il

LA VIE DE CHARLES (iERHARDï

Accalmie

dans la lutte

avec Liebi^.

« Introduction

à l'étude de la

chimie par le

système

unitaire ».

L'année 1847 est, au point de vue des travaux de Gerhardt, une année plutôt calme : nous ne possédons que six lettres de Laurent du 4 mai au 10 décembre, et pas une de son ami; on sent une grande accalmie dans les luttes; mais cVst un calme apparent : les deux amis amassent chacun de leur côté des munitions de combat.

Gerhardt alterne ses occupations entre son cours, son laboratoire, ses expertises* el la rédaction d'un ouvrage destiné l\ faire pénétrer dans renseignement les doctrines qu'il soutient avec Laurent. Le moment leur semble, en effet, venu d'exposer d'une façon élémentaire les principes de réforme qu'ils veulent introduin» dans la science. J^ai cherché, autant que possible, dit (ierhardt*, à Joindre dans T explication des phénomènes la p7'écision à fa claî'té, prenant en cela pour ynodèle les mathématiciens qui ne se servent jamais d^un terme sans en avoir préalablement établi le sens. Il faudra bien un jour arriver à écrire les livres de chimie comme on écrit une géométrie ou une alf/èbre. Nos traités d'aujourd'hui sont plutôt des recueils de recettes, d'appareils, d'applications utiles; on nij distingue pas assez la science pure de la partie appliquée. Le titre de ce livre, qui est le premier ouvrage écrit dans un système autre que celui généralement adopté, est : Introduction à l'étude de la chimie jmr le système unitaire.

l^urcnt mis en

(iomoure de

retourner

h Bordeaux

refuse.

Laurent, de son côté, fait à la Sorbonne le cours du dernier trimestre de l'année scolaire 18i6-18i7. Sa leçon d'ouverture provoque un grand émoi' : les élèves de TEc de normale applaudissent. Dumas le fait appeler:

Je ne vous blâme pas, dit-il, de suivre une manière particulière ; au contraire, ne craif^nez rien sous ce rapport; seulement, je vous préviens ([u'on a l'œil sur vous el que quelques personnes ne seraienl pas trop contenles de vous voir réussir à la Sorbonne.

1. Le 27 mai, affaire d'adultération de farines; du 30 juillet au G août, affaire de faux; 20, 21 et 22 octobre, affaire de Cette; li et 15 novembre, affaire de Rodez.

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