ORIGINES DE SA FAMILLE
puis, bientôt après incarcéré*, il subit pendant six longs niois les angoisses de ce dépôt du séminaire doù parlaient tous les jours des convois pour la guillotine*.
Plus heureux, cependant, que son maire et ami de Dietrich qui fut transféré à Paris^à TAbbaye, puife Bxécuté', il échappa à la mort par la chute de Robespierre lorsque l'heureuse nouvelle de la journée du 9 thermidor parvint à Strasbourg.
Ces épreuves n'abattirent nullement l'énergio ni Tardeur de S. Regnard Weber pour la chose publique. Il accepta^ en 1795, les fonctions de juge au tribunal civil, puis devint, eu 1797, président du tribunal criminel. A ce momenl, le poste de receveur général des hospices civils à Saint-Marc* étant devenu vacant, il y fut nommé et y demeura jusqu'à la lin de sa vie, en 1829, apportant dans les devoirs de sa chaîne les qualités d'organisateur et de financier que ses concitoyens avaient su apprécier dans ses fonctions municipales.
S. Regnard Weber avait franchi cette terrible époque sans perdre la gaîté et la bonté qui faisaient h» fond de son caractère. Vivant dans la plus parfaite harmonie avec sa femme*, son intérieur, animé par la présence de trois jeunes filles dont deux fort jolies, respirait l'aisance et s'ouvrait avec libéralité aux réunions mondaines et familiales.
1. Procès-verbal du même Comité. Présidence de G. Maynoni, 10 décembre 1793. — Bibliothèque nationale, L^R, n» 9326, et Archives de la mairie de Strasbourg.
2. Ci-dessous une pièce intéressante qui indique la méthode employée pour pourvoir la guillotine :
M Les représentants du peuple près l'armée du Uhin, aux membres du Comité de surveillance du département du Bas-Rhin. Nous vous invitons, citoyens, à nous rendre compte de la levée des scellés apposés sur les papiers des notaires, banquiers, agents de change et autres scélérats que vous avez fait arrêter, afin de faire alimenter la guillotine par la chute de leurs têtes, et de donner par là Vexeuiple terrible de la vengeance nationale dont tous les conspirateurs vont être bientôt atteints et afin de faire porter à la Convention nationale tous leurs trésors. » « Signé : J.-B. Milhaud et Guyardw. »
Bibliothèque nationale, pièce L^K, n» 9526.