‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 12 sur 274 · Quartier du Finckwilter, à Strasbourg · texte numérisé non relu

Quartier du Finckwilter, à Strasbourg

5. Née Catherine-Salomé Wittmar (1762-1836). M"»o R. Weber était fille d'un bijoutier. Belle au physique et au moral, elle avait été élevée par une mère énergique, à Tintelligence supérieure, au caractère fortement Irempé, et qui, à quatre-vingt-neuf ans (1824), lisait Voltaire et Gondillac auprès de sa fille, lime |(, Weber portée, par suite de ses angoisses pendant la détention de son mari, en 1193, aux soucis et à Tinquiétude, ne partageait pas les seotiment^) aussi libéraux de sa mère ni de son mari, et savait fort bien soutenir ses opinions conservatrices.

«s LA VIE DE CHARLES GERHARDT

L^"^ antiques demeures de Sainl-Marc, •*! pilloresquement pnu|>»^*>> au Finckwiller. iv>4innaiHnt de I écho des fêtes auxquelles accourait une brillante jeunesse : mai<, pas plus que l'écho, Kami du temp> pass*'» ne retrf»uverait les vieux pignons, les vieilles portes et le> vieine> cours, la pi<.Nche du vainqueur a tout refait à son ima^e. ."

M"* S. Gerhardt, qui avait hérité des dispr»sitions heureuses de ses parents, eut d'abord les mêmes avantages : tous les ans, la maison de campagne des Gerhardt, à Hangenbieten * était le centre de réunion de toute sa famille: grands-parents, jeunes mariés, enfants, tous s'y retrouvaient joyeusement, et c'était meneille de voir le jeune Charles prendn* la tète des ébats aussi bien dans l'improvisation des comédies que dans la conduite des danses.

Plus tard, lorsque les graves soucis de la fabrique de céruse absorbèrent l'activité du père, son intérieur se'resséniit fortement de ses préoccupations, et la pauvre mère, ainsi que^ les enfants, eurent à souffrir du caractère absolu et parfois véhément de son mari. . • - — *

Aussi la maison des grands-pareiits, à Saint-Marc, ôtait-ellé le but fréquent des échappées de ses enfants, et le jeune Charles y était attiré aussi bien par les gâteries de ses oncles et tantes que plus tard par les entretiens avec sa grand'mère qu'il avait pris*» en grande affection et qui le lui rendait bien. . '

\Ai% frëreî» Avaut d'abordcr l'étude de la vie dé Gerhàrdi, màinteMnt

que Ton connaît le milieu où il s'est formé et s'est développé ensuite, nous pensons utile de terminer le tableau de sa famille en disant quelques mots de ses frères et sœur, parmi lesquels Taîné surtout, notablement plus âgé que lui, sut lui témoigner d'une façon active une affection sérieuse, en lui venant en aide aux moments les plus difficiles de sa carrière.

De son premier mariage, M"^ Samuel Gerhardt avait un fils, Charles-Victor Lobstein, né le 18 juillet 1809, et de son second,

1. Gros village, situé à environ 12 kilomètres ouest de Strasbourg, à mi-chemin de Molshetm, au pied des premières collines des Vosges et sur le bord du canal de la Bruche. Samuel Gerhardt avait acquis ce bien le 29 août 1823 de MM. Philippe de Brunetau de Sainte-Suzanne suivant acte passé devant M« Schreiter, notaire à Strasbourg).

ENFANCE DE GERHARDT i3

par ordre do naissance, une fille, Charlolte-Enima, née le 28 mars 1812*, puis son second fils, Charles, né le 21 août 1816, et, enfin, un dernier garçon, Gustave- Adolphe, né le 26 août 1824.

M°^ Samuel Gerhardt put, à bon droit, être fière de ses fils, car en dehors de son fils Charles, dont nous écrivons Thistoire, son fils aîné, Victor Lobslein, après de bonnes études de droit, était entré dans la diplomatie*, et elle vécut assez pour voir l'un et l'autre brillamment lancés dans leurs carrières respectives. Quant à son plus jeune fils, Gustave-Adolphe Gerhardt, elle eut le bonheur de l'aider à Taccomplissement de son rêve, celui de devenir officier de cavalerie, carrière où il a porté depuis les facultés d'un novateur et où il est désormais classé parmi les maîtres de Tart équestre'.

L'enfance du jeune Charles ne présente aucun fait saillant, si soa enfance; ce n'est que les contemporains s'accordent à vanter la vivacité "^Itmies. de son intelligence et son extrême facilité pour l'étude : elle pétillait d'ailleurs dans sa jolie figure, éclairée de grands yeux noirs profonds et brillants, et encadrée de boucles noires qui lui donnaient l'aspect d'un petit échappé de la Calabre. Vif et espiègle, il redevenait attentif dès qu'une parole éveillait sa curiosité, et sa docilité aux leçons était exemplaire.

En octobre 1824, deux mois après la naissance de son plus jeune frère, il entra au Gymnase*, antique foyer d'enseignement des enfants de la bourgeoisie strasbourgeoise, et débuta par la classe de huitième en prenant ardemment cœur à ses études.

Le Gymnase, fondé peu de temps après la Réforme, en 1538, par Jean Sturm, avait conservé les méthodes allemandes, et

1. Mariée en*1832 à M. Louis Braun, décédée sans enfants, le 18 mars 18SI, à Strasbourg.

2. Successivement attaché d'ambassade en Portugal, en Grèce et en Suède, il fut promu après la révolution de 1848 au rang de ministre de France auprès du roi Oscar !«•■, dontil devint l'ami, jusqu'à son abdication en faveur de son fils Charles XV en 1859, époque à laquelle Tempereur le rappela en France pour le nommer président de la Commission des Pyrénées. Créé ensuite baron, il mourut célibataire ù Bayonne le 8 juin 1863.

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