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Lettre de Cahours à Gerhardt, du 18 mars

3. Voici, d'après le National du 2 mars 1848, le décret de Carnot :

Le ministre proTÎsoire du département de Tinstruction publique et des cultes :

Considérant Turgence de résoudre les questions nouvelles qui surgissent dans llnstrucUou publique, adjoint aux deux nouvelles commissions des études de droit et de médecine une haute commission des études scientifiques et littéraires.

Cette commission se compose de :

Jean Reynaud, président.

Béranger; Bravais, lieutenant de vaisseau, professeur à TEcole polytechnique; BumouF, membre de Tlnstitut, professeur au Collège de France; Cournot, du conseil de TUniversité, inspecteur général de Tordre des sciences; Duhamel, de llnstitut, directeur des études à TEcole polytechnique; Dutrey, inspecteur général de Tordre des lettres; Elle de Beaumont, membre de Tlnstitut, profes-

venir lui demander quelque chose. Je viens à Finstant de le voir, je lui ai dit que, pour le moment, je n avais rien à lui demander; que, plus tard, je désirerais peut-être permuter, mais que j'avais un ami nommé Gerhardt désirant venir à Paris. Il en a pris note.

Nos cumulards scientifiques ne se pressent pas d'abandonner leurs positions. Au lieu d'attendre les élections, ne feriez-vous pas mieux de venir ici? Vous avez Lallemand, Arago et Jean Reynaud. Il faut que ceux qui veulent avoir viennent pousser, crier, etc. Si une place devenait vacante, que je pusse l'obtenir, vous pourriez avoir la mienne à la Monnaie, etc. Voyez, réfléchissez. Quand on a travaillé et que l'on a une plume à la main, on peut se faire faire de la place.

Gerhardt reçut cette lettre le 16 mars, et, le 19, il prenait la malle-poste pour Paris. Son plan était tout tracé : demander un congé de six mois en exposant nettement son désir de quitter définitivement la province, et profiter de la présence au gouvernement d'hommes professant les mêmes idées que lui pour montrer ses titres et obtenir une situation à Paris.

Outre la protection de Jean Reynaud, que lui promettait Laurent, Gerhardt espérait parvenir au ministre de Tinstruction publique, Carnot, par l'entremise de son ami Renouvier.

d^oêîhMdt Le récit de ses démarches à Paris nous a été conservé dans

contre le cumul. |j^ g^jj^ j^ ^^^ lettres à sa femme, jusqu'à ce qu'ayant reçu

Tavis officiel de son congé, il la prie de venir le rejoindre avec

SOS enfants pour s'installer h Paris. Voici des extraits de ces

lettres :

Paris, mardi, 1 heure, 21 mars 1848.

12, rue Jacob, Hôtel de Saxe.

Je suis arrivé ce matin en bonne santé. Paris est parfaitement

seur au Collège de France et des mines; Geoffroy Saint-Hilaire, membre de rinstitut, membre du conseil de l'Université et professeur au Muséum; Henri Martin; Poncelet, membre de llnstitut, professeur à la Faculté des sciences, colonel du Génie; Le Clerc, membre de Tlnstitut et du bureau des longitudes; Le Play, professeur à TËcole des mines; Michelet, professeur au CoHége de France; Raynaud, professeur à l'Ecole polytechnique et à TEcole des Ponts et Chaussées; Serre, membre de linsUtut, professeur au Muséum; Transon, répétiteur à TEcole polytechnique; Ch. Renouvier, ancien élève de TEcole polytechnique, secrétaire.

La commission s'adjoindra le plus promptement possible dix membres choisis par elle parmi les fonctionnaires de Tinstruction primaire et de rinstruction secondaire.

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