CONTINUATION DES TRAVAUX
cessait pas d'absorber Gerhardt et son inséparable ami Laurent :
Je me console de tout cela en travaillant ferme avec Laurent, écrit-il à Chancel*. Tous les jours je me félicite davantage d'avoir pris la résolution de quitter Montpellier. J aurais fini par m'encroûter, tandis que maintenant j ai une ardeur comme je n'en ai jamais eu. Nous avons lu notre mémoire sur les anilides*, il y a quelque temps; vous en trouverez un extrait dans le prochain numéro de mes Comptes rendus^; je Uai déjà rédigé pour les Annales^, Nous avons aussi communiqué une note sur deux dérivés de la morphine et de la narcotine semblables aux anilides^. Lundi dernier^ j'ai remis à l'Académie lannonce de l'identité de la chloracétamide et de la chlocarbéthamide de Malaguti... C'est mirobolant : tout le travail de Malagutiest par conséquent enfoncé. Enfin nous avons encore sur le chantier l'aposépédine...
Vous me dites que je dois réclamer au ministère le demi-traitement de deux mois et dix jours. Certainement on a eu tort de me faire cette retenue, le doyen a eu trop de zèle. Mais je suis certain qu'on ne me rendra rien, car on n'a pas le sou. Je vais toutefois en parler à quelque membre du conseil ci-devant royal, à Beudant, qui est un bon garçon. Papa Thenard nous en veut parce que dans ma dernière lecture à l'Institut j'ai lâché une phrase à l'adresse de l'illustre Suédois^.
Le travail de Gerhardt redressant une erreur de Malaguti lui valut au contraire de la part de ce dernier des félicitations qui font surtout, à cette époque d'âpres revendications, grand bon-* neur à leur auteur".
Je viens vous serrer la main et vous féliciter d'avoir encore eu raison cette fois en faveur de vos doctrines... C'est dans ce sens que j'ai écrit une note à M. Dumas avec prière de la faire insérer dans les Comptes rendus^. Vous y verrez comment je pense là-dessus, et avec quel empressement je me hâte de vous rendre justice...