‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 127 sur 274 · Comptes rendus de V Académie, 14 août · texte numérisé non relu

Comptes rendus de V Académie, 14 août

Mon cher ami, je n ai jamais été opposé à vos vues et à celles de M. Lauréat. Si jusqu'à présent je ne les pas adoptées dans mes travaux, c'est que j'avais la conviction que les faits n'en auraient souffert aucune atteinte; mais je dois avouer que leur interprétation est singulièrement facilitée et par cela même ils trouvent des chances de rectification. Je vous déclare en outre que si vous publiez un ouvrage élémentaire de chimie minérale, tel à mettre entre les mains des débutants, et renfermant une exposition de vos équivalents, je n'hésiterais pas à les adopter dans mon enseignement, et avec cela il est évident que désormais mes travaux exclusivement personnels seraient faits d'après vos théories.

Je sais bien que, d'après votre dernière lettre du !•' août 1847 ', ce n'est pas de votre faute si ce que je viens de vous dire n'a pas été réalisé; je sais bien que c'est la faute à Masson, et dans ce moment peut-être aux tristes circonstances dans lesquelles nous nous trouvons tous.

Mon cher Gerhardt, depuis le 2i février je fais bien peu de choses. Je suis tellement préoccupé de tout ce qui se passe de lamentable autour de nous et de la sombre perspective que nous voyons de quelque coté que nous tournions nos regards, que je ne puis rien faire de bien suivi...

J'espère que vous ne resterez pas désormais si longtemps sans m'écrire. Savez- vous qu'il y a un an au juste que je n'ai pas reçu de vos lettres? Scriez-vous fâché avec moi? Dans tous les cas, vous pouvez être sûr que je ne le suis pas avec vous. Écharpez tant que vous voudrez mes travaux, mon affection et mon estime pour vous n'en seront pas moindres. Nous travaillons tous à la recherche de la vérité, et tout ce qui est personnel doit êtri» mis de côté. Que la vérité éclate à côté des formes bienséantes, il n'y aura jamais rien à dire. Si Berzélius et Liebig avaient suivi ce principe, vous auriez perdu moins de temps à répondre à des attaques inqualifiables.

Cotte lettre dénote la noblesse de caractère et la sincérité de cœur de Malaguti. D'ailleurs, sa correspondance depuis rorigine de leur liaison, en 18i0, est empreinte d'un vif sentiment d'amitié pour Gerhardt, et elle dut bien souvent le consoler des injustices ou des trahisons des autres: cette amitié résista facilement à Tépreuve de Tamour-propre mis en cause, comme on le voit, et n'en fut que plus précieuse*.

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