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Lettre de Gerhardt à sa femme, du 9 mars

i^2 LA VIE DE CHARLES GERHARDT

mais veulenl <*ncore empêcher qu'on gagne sa vie en travaillant. Os jouent gros jeu aujourd'hui, car qu'une nouvelle révolution de février arrive, et un ne sera plus si bêtement généreux.

Mais 1p gros joueur était heureux; c'est tout le contraire d'une révolution de février qui devait survenir, et ajouter encore à sa fortune.

Quant à l'édition Thenard, elle ne parut jamais: après cinq mois de pourparlers constamment interrompus et repris jusqu'à la fin de juillet, l'affaire fut définitivement enterrée.

'''p3itlqifêi^°* Cette période de cinq mois, qui co'incida avec la durée d'im voyage que M"* Gerhardt fit en Ecosse * en emmenant son fils aîné^ fut marquée par deux événements importants, les élections de Y Assemblée législative, le 10 mai 1849, et l'apparition du choléra.

Une véritable fièvre de préoccupations politiques s'empara des hommes ardemment républicains comme Fêtaient Laurent et Gerhardt: il est vrai que la pénurie d'argent arrêtait les travaux de laboratoire des deux amis, ce qui les livrait à toutes leurs pensées politiques:

Paris, 7 avril 1849.

Ma dernière lettre ta rendue triste, écrit-il à sa femme; j'en conviens, elle était écrite sous Tinfluence du découragement profond que j'éprouve encore en présence de la marche épouvantable de nos affaires politiques, et aussi par Teffet du manque de réussite de mes affaires personnelles. La réaction d'aujourd'hui est tellement infâme, tellement provocatrice, qu'une collision prochaine est imminente et elle sera terrible. Ta bonne mère ne connaît pas la clef de nos agitations et elle s'imagine probablement, sur la foi de nos feuilles honnêtes et modérées, qu'il y a en France une bande de voleurs et d'assassins qui ne révent que le pillage des riches, et que c'est à celte bande que sont dus tous nos malheurs. Oui, il y a une semblable bande, mais ce sont ceux-là mêmes qui s'intitulent honnêtes et modérés et qui nous assassinent moralement, nous autres travailleurs. Tu ne peux l'imaginer toutes les infamies commises par nos gouvernants : des provocations tous les jours ; on se moque de toute léga-

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