‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 136 sur 274 · Comptes rendus de chimie^ t. V, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus de chimie^ t. V, p

Gerhardt et Laurent ou entre Gerhardt et Chaneel, puisqu'elles étaient verbales. La physionomie seule nous en a été conseniV par un élève de Wurtz, M. le sénateur Scheurer-Kestner, qui se trouvait présent au laboratoire :

« A cette époque*, vers 1853, Wurtz, professeur de chimie à TEcole de médecine, suivait avec intérêt les travaux de Gerhardt, dont il était Tami. Le voisinage des deux laboratoires ' amenait de temps en temps Gerhardt au laboratoire de rEcole de médecine. La, des discussions scientifiques, vives, passionnées, s'établissaient entre les deux jeunes maîtres.

« Gerhardt, d'un caractère entier, brusque et violent, Wurtz, fougueux, mais délié et subtil, se disputaient sur les atonies et les molécules.

« Quelquefois Gerhardt, dont la conviction était profonde, s'impatientait des résistances de son contradicteur, et je Tai vu briser dans ses doigts le ïnorceau de craie avec lequel il venait de tracer des formules sur le tableau noir. »

Travaux de

laboratoire

avec I^aurcnt.

Collaboration au

Dictionnaire

do Douillet.

Les événements de Tannée 1849, qui mettaient en question, comme nous Tavons vu, l'avenir de Gerhardt, nVnlevèrenl rien a sa prodigieuse activité scientifique, (^e fut le moment de sa collaboration la plus active avec son ami Laurent au laboratoire de la Monnaie, local sombre et humide où ce dernier ne tarda pas à contracter les germes de la phtisie.

Une douzaine de mémoires, la plupart en commun, témoignent de leur activité, et cette activité même n'avait de limites que le manque de moyens de continuer les expériences :

Je viens de chez Rousseau, écrit Gerhardt à Chaneel'; votre compte s'élève à 68 francs, que vous avez pris vous-même. Je désirerais faire passer 200 et quelques francs sur le même compte, puisqu'enfin remploi en est le même, c'est-à-dire pour les travaux de science. Pouvezvous arranger cela? Ecrivez-le moi, nous n avons pas le sou ni Tun ni Tautre, et ne pouvons pas travailler sans quelques fonds.

1. Charles Gerhardt, Laurent et la Chimie moderne, par Scheurer-Kestner, Revue alsacienne^ août 1884. >

2. Nous verrons plus loin que Gerhardt fonda un laboratoire rue Monsicur-le- Prioce, 29, & quelques pas de l'Ecole de médecine.

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