LES DOCTRINES DE GERHAUDT A L'ÉTRANGER
Abrégé du Précis de chimie organique de Gerhardt, qui, disait le Journal des sciences du professeur Silliman, classe leur auteur parmi les plus grands philosophes modernes. Gmelin, un des vétérans de la science allemande, s'était prononcé de la manière la plus explicite en faveur des nouvelles doctrines * ; Williamson , un des plus habiles professeurs de XUniversity Collège de Londres, adoptait les équivalents de Gerhardt et le premier en Angleterre abandonnait les vieilles théories. Dès 1849, il se liait du reste avec les deux apôtres des doctrines nouvelles auxquelles il apporta le concours de brillantes découvertes et de conceptions théoriques qui en ont puissamment aidé le développement. Nous avons vu que, d'une façon timide», et k titre d'usage personnel, presque clandestin, ces doctrines étaient sinon adoptées, du moins utilisées par des savants moins répandus, comme Malaguti, Wurtz, Cahours, mais qui n'osaient l'avouer trop ouvertement.
Ce travail de cheminement, qui était un indice certain de la Absence de vitalité des idées, était à peu près la seule satisfaction donnée îi ^^les^tîavaux!"* leurs auteurs ; mais aussi leur imposait-il une surveillance constante dont un exemple récent leur avait démontré la nécessité, et importait-il grandement que la sanction de leur œuvre résultât de découvertes personnelles, dont ils auraient doublement l'honneur, puisqu'elles seraient le fruit prévu de leurs propres conceptions.
Hélas ! la situation matérielle des deux savants était misérable, et les derniers doutes sur leur isolement dans leur propre pays venaient d'être levés.
Laurent avait une petite place h. la Monnaie, à 5.000 francs par an et le logement; un laboratoire glacial et humide situé contre la rue Guénégaud, oii jamais le soleil n'avait pénétré, et à peine assez grand pour contenir six élèves.
Gerhardt, réduit à la demi-solde de 1.896 francs par an, n'avait pu réunir en tout et pour tout, pour son budget de 1850, que la somme de 4.951 fr. 55, dont 2.906 fr. 55 dus à la libéralité de sa belle-mère; il ne pouvait faire ses recherches qu'au laboratoire de Laurent, et avait dû parfois recourir à l'obli-