‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 146 sur 274 · ÉCOLE DE CHIMIE PRATIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE CHIMIE PRATIQUE

raient, et, déduction faite des dépenses occasionnées par chaque élève, je pourrais avec douze élèves gagner 6.000 francs net.

Quand je pense que Pelouze en a eu jusqu'à trente, bien qu'il n'y ait chez lui ni direction ni organisation d'aucune espèce, que Pelouze ne s'en occupe pas et que c'est l'illustre Barreswill qui mène la boutique, il ine semble que je puis compter sur au moins douze...

J'ai demandé à ma belle-mère de me prêter la .sonune nécessaire, mais les conditions du testament de son mari rendent très difficile qu'on la prenne sur le capital dont ma belle-mère a la jouissance; elle est favorable à ma demande, mais il faut aussi le consentement des exécuteurs testamentaires. J'ai aussi écrit à mon frère aîné (frère utérin) qui est notre ministre h Athènes... J'ai trois semaines ou un mois à attendre, ce qui me contrarie beaucoup, car j'aimerais assez ouvrir mon laboratoire à Pâques.

M"* Sanders, qui avait en son gendre nue foi absolue, et une très haute et juste idée de sa valeur, mit une diligence extrême à obtenir la somme nécessaire, et le 5 février, Gerhard lui envoyait le reçu des 400 livres sterling en quelques lignes où il était si agité par la joie, que son mauvais anglais lui paraissait plus difficile à écrire encore^ et quil ne pouvait qu'articuler : merci, merci, ma chère mère.

S<m demi-frère Lobstein, passé niinisln* de France en Suède, lui avança 3.000 francs, qu'il transforma en don par la suite.

(tétait entrevoir enfin raccomplissenient de son rêve! De brillantes perspectives de travaux et de succès s'ouvraient devant lui quand quelques jours auparavant l'avenir lui paraissait si .sombre et si triste.

La lettre suivante h Cliancel donne les détails circonstanciés Fondation

1 , . . 1 1 1 , . <le rEcole do

sur la cn^ation de ce laboratoire : chimie pratique.

Paris, le 10 février 1831.

Je voudrais pouvoir vous donner de bonnes nouvelles de ce pauvre Laurent, mais bien qu'il n'aille pas précisément plus mal, je ne suis cependant pas rassuré sur les suites de sa maladie. Il attend la belle saison pour aller à la campagne. Le changement d'air et le repos ne pourront que lui faire du bien.

Son logement à la Monnaie est humide et froid, et son laboratoire, vous le savez, une vraie glacière ; il est donc urgent qu'il les quitte Tun et Tautre. A son retour, il trouvera chez moi un laboratoire confortable.

Je dis chez moi, car je suis en train de monter mon établissement, pour lequel j'ai pu me procurer la plus grande partie de la somme nécessaire; le reste m'est promis pour quand j'en aurai besoin.

Ce ne sera pas un simple laboratoire, mais une Ecole de chimie pra- %«/» complète : le local est arrêté définitivement depuis hier soir, 29, rue Monsieur-le-Princc*. J'y serai tout seul, très confortablement logé, cour et jardin, et de magnifiques ateliers qui vont être convertis en laboratoires, le tout à 2.500 francs par an, pour douze ans, mais avec faculté pour moi seulement de rompre le bail de trois en rois ans.

Voici de quoi se compose mon local, à part mon logement :

Au rez-de-chaussée

l*' Mon laboratoire particulier. \ ÏDans la 2° Bibliothèque cabinet delecture. > maison 3** Laboratoire du préparateur. ) d'habitation. 4° Un très grand laboratoire pour les gâcheurs. V 5° Amphithéâtre à gradins.

f 6° Un grand laboratoire.

Au 1*'"' étage : } 1"* Un cabinet de balances pour les élèves. ( 8° Un magasin de produits, instruments.

9*» Un cabinet de physique et collection de minéralogie.

lO** Un laboratoire.

Dans les mansardes :

Je puis placer commodément vingt-cinq à trente élèves en donnant à chacun une place de {""'iO.

Outre la chimie, la physique pratique y sera représentée par Silbermann (héliostat, ciialeur dégagée dans les combinaisons); de même, l'industrie; j'ai quelqu'un pour les essais du commerce (M. E. Kunemann), etc.

Je vous réponds que ce sera quelque chose de soigné, du moins quant au local, et à la manière dont cela sera monté.

Un riche industriel de Paris s'y intéresse particulièrement; il m'ofl*re plus d'argent qu'il ne m'en faut.

Le propriétaire de la maison me donne 2,r>(K) francs pour les répa-

i. Cet immeuble a disparu dans les agrandissements récents de TEcole de médecine.

Page 1