DEUX
On ne devinerait guère aujourd'hui, continue Hofmann, quels sont ces deux que le baron Thenard ne nommait pas. Mais à Tépoque tout le monde le savait : ce n'était rien moins que Gerhardt et Laurent, dont l'heure n'était pas encore venue. Ces deux grands chercheurs, qui cmt exercé une si puissante influence sur la chimie, avaient peu de relations avec leurs collègues : on aurait dit qu'ils étaient sous le coup d'une sorte de mise à Tindex. Parmi les convives, il y en avait à peine un qui eût éprouvé de la sympathie pour ces deux savants. Wurlz lui-même, le compatriote de Gerhardt el qui ne devait reconnaître pleinement son mérite et celui de Laïuvnt qu'après leur mort, n'approuvait point la polémique agressive des deux novateurs. Seiil Cahours était un ami chaud de Gerhardt et était prêt îi ramasser le gant dès que quelqu'un cherchait à déprécier son camarade crétudes : mais s'il défendait l'homme en ami personnel, il ne comprit que beaucoup plus tard, comme la plupart des chimistes d'ailleurs, ses idées réformatrices.
Gerhardt fait pnrtie d'une réunion de républicains au café du Théâtre- Français.
Les débuts dé Tannée scolaire ISS 1-1 832 furent favorables pour VEcole de chimie de Gerhardt ; une douzaine d'élèves étaient présents et d'autres étaient annoncés*. Plusieurs étrangers comptaient parmi eux, assez avancés pour aider Gerhardt dans ses recherches, MM. Rogojski et Chiozza, et parmi les Français, Ilaulefcuille et Ollivier produisirent dès cette année des mémoires importants. Gerhardt avait donc lieu de s'applaudir de sa résolution quand les événements de la fin de