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DEUX CHAIRES A STRASBOURG

d'une fois ruminées. Mais je veux que vous sachiez que vous n'êtes pas le seul à voir ces choses à ces différents points de vue.

Bien d'autres devineront les sentiments de vos compatriotes, et à coup sûr ils les blâmeront. Malheureusement pour eux, vos prétendus amis manqueront en partie leur but. On veut vous amoindrir et vous paralyser. On n'y réussira pas.

De Bérard, doyen de la Faculté de médecine de Montpellier, 4 février 1855 :

... Quoiqu'on ne puisse pas douter que ceux qui vous ont offert les deux chaires de Strasbourg n'aient eu une autre pensée que celle de vous rendre justice, je crois cependant que vous devez leur en tenir compte sans arrière-pensée, d'abord parce qu'une double nomination est une chose trop honorable pour ne pas être acceptée avec reconnaissance, et en second lieu parce qu'ils vous fournissent le moyen d'arriver par un chemin — plus long à la vérité — à ce que je vous souhaite et à ce que les travaux que vous exécutez avec tant de persévérance ne peuvent manquer de vous faire obtenir...

De Malaguti, 14 mai 1855 :

J'ai été étonné et en même temps chagrin de vous voir quitter Paris, car il faudra bien que, malgré bon gré, vous y retourniez. Dès qu'il y aura une vacance à l'Institut, qui pourra la remplir si ce n'est vous ? Je ne pense pas que l'Académie ose jamais braver l'opinion de l'Europe entière, qui est exclusivement pour vous. Mais, en attendant ce moment de justice, je me demande pourquoi on n'a pas créé au Collège de France, ou mieux encore à la Sorbonne, une chaire de chimie organique pour vous. Quand on pense qu'à la Sorbonne l'enseignement de la chimie organique n'est qu'une dérision, quand on pense que vos idées sont devenues un torrent qui franchit toutes les digues, on trouve vraiment extraordinaire de vous voir quitter Paris. Mais ce sera, je l'espère, une dernière épreuve, ou pour mieux dire, une dernière injustice.

De Williamson, 12 février 1855 :

D'après ce que vous me dites de votre nouvelle position, et par le fait même que vous l'avez acceptée, je conclus qu'elle doit être bien belle, et je vous en félicite cordialement ; car certes jamais belle position n'a été plus méritée. Je pense, du reste, que vous ne perdrez pas Paris de vue pour un avenir peut-être éloigné de quelques années...

De Liebig, 3 février 1835:

J'apprends avec plaisir, par vos aimables lignes du 29 janvier, que votre plus cher désir s'est enfin réalisé et que vous avez obtenu dans votre ville natale une position aussi honorable qu'influente, et qui vous assure une activité des plus utiles.

Recevez mes meilleures félicitations pour cet heureux événement qui vous permettra, selon toutes prévisions, d'abandonner les travaux de critique qui ne vous apportaient que des désagréments et de vous consacrer entièrement à vos chers travaux pratiques. Nous devons certainement nous attendre de votre part à toute une série d'entreprises importantes.

Liebig, on le voit, reprenait le thème favori de ses conseils et de ses vœux.

De Wagner, 1" février 185S:

Si mes vœux, auxquels se rallieront certainement tous les chimistes bien pensants, se réalisaient, votre poste en Alsace ne serait que provisoire et vous ne tarderiez pas à occuper à Paris, à l'Académie et dans l'Etat, la place occupée par ceux qui, comme Dumas, n'ont plus rien fait depuis longtemps. Votre système gagne de plus en plus de partisans. Will et Kopp ont fait paraître dans les Annales de Liebig des articles excellents, et Kolbe est certainement évincé à jamais.

De Hofmann, 5 février 1835:

C est avec un véritable plaisir que je vois, par votre lettre du 29 janvier, dont je vous remercie sincèrement, que v us avez trouvé h Strasbourg une position qui répond à vos désirs et qui vous permet de consacrer entièrement votre belle activité à la science, qui vous doit déjà tant.

Je ne manquerai pas, en passant par Strasbourg, de profiter de votre aimable invitation. Je désire depuis longtemps faire votre connaissance personnelle, et si j'ai cru devoir y renoncer lors d'un court séjour que j'ai fait à Paris, c'est que vous avez souvent blessé mes sentiments intimes par la forme de vos articles de journaux. J'espère que vous excuserez ma franchise et que vous l'accepterez comme l'expression de mon désir sincère de faire le plus tôt possible connaissance avec vous.

De Erdmann, Leipzig, 14 février 1855 :

Votre lettre nous a causé une surprise très agréable. Cordiales féli-

citations de nous tous pour votre déplacement dans votre ville natale et pour votre entrée dans une n uvelle sphère d'action, certainement fort agréable!...

J ai reçu régulièrement toutes les livraisons de votre ouvrage et vous en remercie sincèrement. Le système Gerhardt {Gerhardlsches System) fait maintenant partie intégrante de mon cours...

D'autres chimistes allemands, tels que Will de Giessen, Kopp, Ettling, Jamminer, adressèrent leurs félicitations à Gerhardt mêlées de la satisfaction de se savoir plus rapprochés de lui.

Le lundi 5 février 1835, à 7 h. 1/2 du matin, Gerhardt Arrivéo débarqua du train express de nuit, à la gare de Strasbourg, où 5 février i^ Fat tendait son beau- frère.

Sans perdre de temps, il se mit en devoir de faire ses visites.

Je suis enchanté de laccueil que je reçois partout, écrit-il le 8 à sa femme ; recteur, doyen, collègues, tout le monde m'accable de compliments. On va jusqu'à m'appeler la pierre angulaire de l'Académie de Strasbourg. Je n'ai jamais été autant caressé ni complimenté. Avant-hier, j'ai été installé aux deux établissements, cela s'est passé en famille. Point de raideur comme à Montpellier. La seule inquiétude de ces braves gens, c'est que je veuille les quitter...

Voici pourquoi cette unanimité de caresses : tout le monde a peur d'une dislocation de l'Académie et me considère comme l'ange sauveur. La ville de Nancy réclame depuis longtemps la translation chez elle de la Faculté de droit et de la Faculté de médecine de Strasbourg, en se fondant entre autres sur la faiblesse du nombre des élèves qui fréquentent les cours h Strasbourg. En elfet, ce nombre a considérablement diminué depuis quelque temps par suite des changements que le gouvernement a faits dans les circonscriptions académiques, peut-être aussi par l'effet de l'engourdissement où se trouvent beaucoup de professeurs.

Or, on espère échapper à une dislocation des Facultés en attirant à Strasbourg de nombreux élèves par la chimie : il s'agit donc de créer un laboratoire d'analyses et de recherches dont je serai le chef. La ville fournirait les fonds nécessaires. C'est là l'idée fixe de tout le inonde. Le recteur m'a dit qu'il ferait tout son possible pour la réaliser ; comme je sais que c'est le vœu du gouvernement, tout marchera comme sur des roulettes..

13 février 1853.

... Me voilà en train de m'organiser à la Faculté. J'ai beaucoup de besogne, car mon prédécesseur a tout laissé en fort mauvais élal, mais j'y serai supérieurement bien. Mon cabinet et mon laboratoire particuliers sont très confortables ; j'y passe toute la journée et m'y plais beaucoup. Je suis ici bien mieux qu'on ne l'est dans bien des laboratoires de Paris ; tout est monté sur un pied très présentable ; à Montpellier, j'avais une écurie, ici, c'est un palais ; seulement il me faut encore beaucoup de temps pour arranger et faire nettoyer toutes mes richesses. J'ai des balances magnifiques, une vingtaine de creusets et capsules en platine, or et argent, de toutes dimensions et en fort bon état. En un mot, j'ai enfin un laboratoire comme j'en avais rêvé un.

J'ai de quoi caser trois ou quatre élèves particuliers, mais on ne trouve pas cela suffisant, et il est question de construire exprès pour moi un autre grand laboratoire d'analyses et de recherches pour les élèves.

Quant au laboratoire de l'École de pharmacie, il est plus petit, mais extrêmement bien tenu. J'y trouve déjà tout ce qu'il me faut pour un cours de chimie organique. Lundi prochain (19 février), à 2 h. 1/2, j'y ferai ma première leçon, et le jeudi suivant, à midi 1/2, à la Faculté. Ce semestre, je ne ferai qu'une leçon par semaine à chaque établissement, parce que j'ai besoin de tout mon temps pour m'organiser à la Faculté.

Je passe toute ma journée ici, chaufi"é bien entendu aux frais de l'État. Le froid n'est pas très vif, mais il y a de la neige partout.

Mes soirées sont heureusement occupées, car je m'ennuierais bien sans cela.

Ce soir, il y a grand dîner chez l'oncle Weber en mon honneur. J'ai un autre grand dîner cette semaine, samedi, chez un professeur de médecine. Le préfet m'a invité pour le bal de demain. Dimanche, j'ai été voir Robert le Diable : la salle d'ici est magnifique et peut rivaliser avec les plus belles salles de Paris ; la troupe n'est pas précisément mauvaise, mais quand on vient de Paris on est un peu gâté. Vendredi dernier, j'ai été en soirée chez M°° Kunzer. Tu auras dans cette maison de charmantes relations : le préfet y vient souvent. Décidément, je deviens homme du monde. Ce qui ne m'erapèche pas la partie de dominos au Casino, les soirs où je ne vais pas dans le monde...

Le récit de Tarrivée de Gerhardt dans ces laboratoires où il trouvait enfin les moyens rôvés de travailler nous a été conservé par un de ses élèves dont les brillants travaux dans la chimie industrielle non moins que les hautes qualités de goût dans les arts Tout amené h la direction de la manufacture nationale de Sèvres. M. Ch. Laulh résume ainsi ses souvenii*s sur son ancien maître :

J'étais à ce moment étudiant à TÉcole de pharmacie et à la Faculté des sciences de Strasbourg. Lorsque la nouvelle de sa nomination nous parvint, elle excita parmi nous tous un élan d'enthousiasme et de curiosité facile à comprendre : renseignement de la chimie, bien que professé par des maîtres éminents, était ce qu'il pouvait être à cette époque, je veux dire qu'on nous exposait l'histoire, la préparation, les réactions des acides, puis celles des alcalis organiques, des corps neutres (amidons, sucres, gommes, etc.), des alcools, des éthers, des essences, des corps gras, etc., le tout sans aucune idée de classification, sans la moindre notion des rapports des corps les uns avec les autres.

On comprend avec quelle impatience nous attendions l'arrivée du rénovateur de la chimie organique. Je le vois traverser le jardin de l'École de pharmacie, et tout de suite le bruit de son arrivée circule dans les laboratoires : le voilà! Et il y avait de quoi en effet nous émouvoir : Gerhardt était un homme remarquablement beau; de longs cheveux bouclés, d'un noir bleu intense, encadraient sa ligure qu'éclairaient des yeux d'une vivacité surprenante; il était d'une taille élevée, élégante, et sa mise soignée, d'une certaine originalité, ajoutait encore au charme de toute sa personne.

Il entre au laboratoire et tout de suite cause avec chacun de nous en s'informant de ce que nous faisons. Je lui suis présenté, et comme il connaissait ma famille, il voulut bien s'intéresser particulièrement à moi et m'offrir d'être son préparateur particulier. Combien de fois, depuis, n'ai-je pas regretté d'avoir été si peu à même — j'avais dix-neuf ans — d'apprécier cette bonne fortune! Si je n'ai pu pénétrer la puissance de son génie, du moins j'ai été témoin de la bonté de son caractère et de sa bienveillance constante.

Ce dont j'ai gardé un souvenir bien net et bien précis, c'est sa façon de professer : nous n'avions jamais rien entendu ni soupçonné de pareil. Sans perte de temps, il nous exposa ses idées relatives aux iypes^ aux fonctions chimiques^ aux radicaux^ au sens qu'il

Récit d'un témoin au laboratoire do l'Ecole de pharmacie.

convient de donner aux formules^ aux doubles décompositions ^ etc. U nous fit part de ses idées de séries^ nous montra ses projets de classification. C'était pour nos jeunes esprits une révolution complète; les hauteurs où il nous transportait n'avaient même pas été entrevues par nous et ces idées philosophiques si nouvelles nous ravissaient autant qu'elles nous stupéfiaient.

■Gerhardt n'était pas à proprement parler un grand orateur, s'il m'est permis d'exprimer à cet égard l'opinion d'un tout jeune homme, mais il avait l'ardeur d'un prophète. Il insistait, avec le désir extrême de convaincre son auditoire, sur les points saillants de ses doctrines, cherchant à faire entrer dans nos esprits ses idées nouvelles, non seulement par la clarté de son exposition, par la multiplicité des exemples qu'il développait au tableau, mais encore par sa mimique, par l'éclat de son regard qu'il plongeait en quelque sorte dans les yeux de ses élèves, comme pour faire pénétrer sa pensée dans nos jeunes cerveaux.

Puis arrivaient pour moi les lieures privilégiées du travail en commun dans son laboratoire; sa bonne grosse pipe bien bourrée, bien allumée, il me disait ce qu'il avait étudié pendant ses veillées, me commandait telle ou telle expérience et aidait mon inhabileté de conseils incessants, sans se lasser ni me décourager jamais.

Gerhardt avait l'amour exclusif de la science pure, et je ne puis sans sourire songer qu'un jour, ayant dans je ne sais quelle réaction produit une fort belle coloration bleue, il rejeta avec ennui cette saleté; c'était peut-être une des nombreuses matières colorantes dont j'ai fait depuis l'objet de toutes mes études!

Réception Devant un auditoire dont la sympathie était ainsi manifeste,

ville natale, le brillant professeur devait trouver celle verve qui doublait

Téclat de son enseignement, et ressentir cette joie suprême de

développer ses pensées avec une abondance et avec un bonheur

d'expression nouveaux pour lui.

J'ai enfin débuté hier, écrit-il à sa femme le 20 février 1855*. Succès complet. La leçon m'a très bien réussi, je n'ai jamais parlé avec tant de facilité. Décidément, c'est une bonne idée que j'ai eue de venir ici.

1. Il s'agit de la leçon d'ouverture du cours de chimie organique à TÉcole de pharmacie. Celle du cours de chimie minérale à la Faculté des sciences eut lieu le jeudi, suivant 22 février.

Les débuts du séjour de Gerhardt à Strasbourg lui firent Tapparence de fêtes continuelles : c'était Tépoque où les autorités avaient Tordre d'affirmer le régime établi par Téclat des réceptions mondaines. Les bals et les soirées réunissaient les fonctionnaires aussi bien que les personnages marquants de l'aristocratie, de la finance ou du commerce, autant pour créer une animation favorable h FEmpire que pour noter ceux qui se renfermeraient dans une dédaigneuse retraite.

Gerhardt eut le bon esprit, ayant accepté les fonctions de rÉtat, de ne pas se singulariser en omettant les obligations nouvelles qu'elles lui imposaient : elles n'entamaient en rien ses convictions intimes, et une conduite opposée n'eût pas manqué d'être immédiatement suivie de mesures graves que le minisire Fortoul tenait certainement en réserve.

Il n'était d'ailleurs nullement ennemi du monde : à Paris, il fréquentait avec plaisir les salons de la baronne Thenard et surtout ceux de M°^° Orftla, où il faisait assidûment sa partie avec Jules Janin, Crémieux ou Rossini, et où il rencontrait la plupart des notabilités scientifiques ou artistiques du temps.

A Strasbourg, en dehors des réceptions officielles, il fut. surtout reçu et choyé par ses collègues.

Quelques-uns étaient pour lui des amis d'ancienne date, tels le directeur de TEcole de pharmacie, Oppermann, le professeur Cailliot, qui le premier avait adopté ses vues en chimie organique, le professeur Lereboullet, qui avait signé son premier diplôme en 1835, le professeur Kirschleger, avec lequel il avait fait à cette même date des tournées d'herborisation en Alsace, etc. Comme contemporain, il avait son collègue et ami le professeur Bertin.

Les six premiers mois de séjour de Gerhardt h Strasbourg nous sont connus en détail par sa correspondance avec sa femme. Nous ne pouvons mieux faire que d'en donner les extraits suivants :

Strasbourg, 1" mars 1853.

Je me suis mis à l'écrire pendant que certain précipité est à filtrer. L'affaire du grand laboratoire, que tu sais, est en bon train. L'inspecteur général a été ici, et il nous a dit que le gouvernement désire que cela se fasse le plus tôt possible. 11 m'a demandé des notes que je lui ai données. Il y aura du tirage du coté de la Faculté de médecine,

Présentation

poar la

correspondance

de l'Institut.

car je ne demande ni plus ni moins que la centralisation des travaux pratiques des trois établissements, ce qui est encore parfaitement conforme aux vues du gouvernement.

Si la ville nous accorde le local que je demande (et selon toutes les apparences elle raccordera), j'aurai le laboratoire le plus beau de France et de Navarre...

Strasbourg, 7 mars 1855.

...J'ai vu hier dans les Comptes rendus la liste de présentation pour la première place de correspondant. Je vois que Pasteur a été mis avec moi ex œquo. En sera-t-il encore ainsi pour la prochaine place? Je le crains. Comme Malaguti a eu cette fois la préférence à titre d'ancienneté, je demande qu'on m'applique le même principe à l'égard de Pasteur.

Il s'agissait de la place occupée par Laurent. Le principe invoqué pour la circonstance montrait nettement la persistance des préventions contre Gerhardt. Celui-ci avait été présenté le 4 août 1845 ex œquo avec Malaguti, mais ce n'est nullement rabaisser la valeur de ce dernier que de constater qu'il y avait d'autres raisons à choisir pour déterminer le choix que le bénéfice de l'ancienneté.

A la séance du S mars 1855, Malaguti passa à la majorité de 37 suffrages contre 5 à Pasteur, 3 à Gerhardt et 2 à Hofmann.

Strasbourg, 13 mars 1855.

Je suis bien aise que la présentation ne se fasse que dans six mois à l'Institut (il s'agissait de la succession de Braconnot) ; je puis alors consacrer Tété à un travail très important dont j'ai déjà eu les premiers résultats. Samedi dernier, j'ai été à un bal qui a été donné tout exprès pour moi par mon collègue de la Faculté de médecine, le professeur Cailliot. On m'a fait les honneurs de la journée de la façon la plus gracieuse : j'ai entendu de l'excellente musique, et entre autres des chansonnettes comiques à la façon de Nadaud, chantées d'une manière exquise et qui m'ont fait rire jusqu'aux larmes. Imagine-toi que j'ai valsé comme un jeune homme...

Quelques Gerhardt profita des vacances de Pâques pour retourner h.

souvenirs de , * * *

rstr?âtt^^ Paris embrasser sa femme et ses enfants; parti le 19 mars, il rentra le 14 avril. Il avait rapidement revu ses anciens amis,

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