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Devenu général commandant le 10« corps d'armée, à Rennes

CHARLES OERHARDT. 18

27t LA VIE DE CHARLES GEHHARDT

Jeu suis eucliaiité. Mon premier soin en arrivant a été de courir ici à l'Académie pour avoir ta lettre. Partout j ai été reçu à bras ouverts : vendredi, j'ai dîné avec le professeur Bunsen, à lleidelberg, samedi idem; dimanche, j'ai dîné avec un ancien ami à Carlsruhe, que je n'avais pas vu depuis vingt-trois ans; lundi, j'ai dîné avec le professeur de chimie de l'endroit.

C'est certainement avec émotion que j'ai revu après vingt-trois ans cette petite ville qui me rappelle tant de souvenirs de jeunesse. Les laboratoires que j'ai vus sont magnifiques. Celui de lieidelberg a coûté iriO,000 francs. C'est un vrai palais. Rien n'y manque. .Nous irons certainement quelquefois ensemble à Carlsruhe, c'est une petite résidence très coquette.

Ce voyage à Carlsruhe complétait celte revue dernière des séjours que Gerhardt avait faits en Allemagne dans sa jeunesse. Il n'a pas laissé dans ses papiers de souvenirs de son entretien avec Bunsen, mais il avait eu Toccasion d'en parler à Seingerlet, un de ses amis politiques exilé du 2 Décembre, qui a gardé le trait suivant : Comme Gerhardt racontait à son illustre hôte comment il était obligé d'accumuler des cours pour la défense de la vie, Bunsen laissa tomber ces paroles si jusles mais si poignantes : Dans voire pays, on tue le savant pour faire vivre P homme. Jugement sévère, ajoute M. Scheurer- Keslner*, auquel nous empruntons ce récit, qui malheureusement est encore vrai aujourd'hui, c'est-à-dire trente années après la date de cette entrevue.

Peu de jours après, le 24 juillet, Gerhardt ayant terminé sa session d'examens prenait l'express de 5 h. 33 du soir qui l'amenait le lendemain à Paris à 5 heures du matin.

Dans sa hàle de retrouver les siens, il avait seulement averti verbalement son doyen M. Daubrée, sans rencontrer son directeur M. Oppermann pour lui donner le mémo avis, et omettant, chose particulièrement grave, de suivre les formes académiques d'une demande écrite hiérarchique adressée au recteur.

Celui-ci en écrivit au ministre qui prescrivit une enquête, et bien que les lettres du doyen et du directeur ne formulassent aucune plainte, et qu'ils aflirmassent l'existence de la demande

1. Charles Gerhardt, Laurent, et la chimie moderne, par Schenrer-Keslner, Revuf alsacienne, du mois d'août, 188i.

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