‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 195 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Cahours, du 6 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Cahours, du 6 avril

Mon cher ami, Je m'empresse de vous annoncer que vous venez d'être nonmié correspondant.

Sur 51 votants, vous avez obtenu dès le premier scrutin 42 suffrages, Pasteur 7, Bineau 1, Desaignes 1.

Tout à vous,

TnENARD. Lundi, de TlDstitut, à 4 heures, 21 avril 1856.

Les félicitations arrivèrent de tous côtés; les uns y voyaient un acte de réparation bien tardif, d'autres croyaient à un revirement dans Topinion des savants de l'Institut :

Vos doctrines, disait Ch.Drion*, seraient-elles, aux yeuxdes hauts et puissants Seigneurs de l'Académie, moins subversives qu'autrefois, et se serait-on aperçu que cette algèbre chimique, si révolutionnaire, cachait cependant des vérités bonnes à prendre ?

En fait, c'était encore une fois Thenard, aidé de Pelouze, qui avait pris h cœur la candidature de Gerhardt, comme q^uinze mois auparavant il avait tout remué pour lui obtenir sa situation de Strasbourg. Il est inconteslable que c'est lui qui comprit enfin le tort que les atermoiements de Dumas, pour ne pas dire sa mauvaise volonté*, avaient fait à Gerhardt, tort qui rejaillissait sur l'Institut lui-même; malheureusement, pas plus que les autres, il ne comprit que les honneurs n'étaient pas uniquement le but de l'ambition de leur élu, et que de telles récompenses n'étaient pas de celles qui pouvaient lui suffire :

C'est une fiche de consolation qu'on me donne, écrivait-il a son ami Orfila', et qui, cependant, ne me console pas de ne plus être à

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