IV PREFACE
les plus intéressants m'ont été fournis par M. Henri Mares, membre correspondant de TAcadémie des sciences, sur le séjour de Gerhard t à Montpellier, ainsi que par M. Mas, gendre de Chancel, ancien adjoint au maire de celte ville, sur des troubles universitaires ou des événemenis survenus en 1848.
La carrière de Gerhardl ayant été traversée par les grandes crises politiques et sociales de cette époque, j'ai eu la bonne forlune de pouvoir réunir sur ses aspirations et ses idées, les témoignages de quelques rares amis survivants, M. Moutard, inspecteur général des Mines, M. Français, peintre, M. P. de Jouvencel, ancien député à TAssemblée législative de 1848, M. le sénateur Scheurer-Kestner\ qui a publié en 1884, dans la Revue alsacienne, des pages vibrantes sur Laurent et Gerhardt.
Les plus lointains renseignements surTenfance et la jeunesse de Gerhardt ont été rapportés par la mémoire merveilleuse de la vénérable M""* veuve Buttner, née Ungerer, fille du pasteur du village d'Hangenbieten, où le père de Gerhardt possédait une maison de campagne, ainsi que par les souvenirs que M. le professeur A. Weber, de TUniversité de Strasbourg, cousin germain de Gerhardt, avait pieusement conservés.
Les recherches généalogiques et historiques ont été menées à bien grâce au zèle de MM. Vacant et Krippendorfl, secrétaires-archivistes, de M. Ad. Seyboth, conservateur du Musée de Strasbourg, auteur d'ouvrages archéologiques fort importants sur cette ville, ainsi que de M. Mahla, bourgmestre, de M. Kraus, président du Musée archéologique, et de M. BQcklein, secrétaire de l'état civil de la ville de Frankenthal, en Palatinat, qui a pu retrouver des
1. MM. Français, P. de Jouvencel (1898), et Scheurer-Kestner (1899) sont décédés depuis.
P-RÉFACE V
actes authentiques et les pièces les plus probanles sur Torigine et la nombreuse filiation de la famille Gerbardt dans la vallée du Rhin.
Enfin un hommage doit être rendu à la piété de ma mère, la veuve de Gerhardt qui, pénétrée de bonne heure de la haute mission de son mari, a conservé avec un soin scrupuleux tous les documents qui devaient permettre un jour d'écrire son histoire et de faire revivre devant la postérité sa belle figure d'apôtre passionné de la science.
La mise en œuvre des renseignements ainsi recueillis a été Tobjel de soins minutieux et de vérifications aux sources officielles, aux Archives de Paris ou de la Mairie de Strasbourg, ou à la Bibliothèque Nationale, lorsqu'il s'est agi d'événements politiques auxquels certains ascendants de Gerhardt ont été mêlés. Ces attachantes recherches avaient passionné un nouveau collaborateur, mon fils Henri, brusquement enlevé, hélas! comme son grand-père, dans toute la force de la jeunesse; il est juste qu'un témoignage ému lui soit rendu pour la part qu'il a prise dans cet ouvrage.
M. G. Masson, éditeur, a tenu, par son concours désintéressé, à rendre hommage à la vive amitié que son père, Victor Masson, n'avait cessé de témoigner à Gerhardt dès le début de sa carrière.
« La Vie et l'OKuvre » de Gerhardt ainsi offerte au public est un document de l'histoire de la chimie française, et s'il porte un enseignement, c'est celui que lançait aux étudiants assemblés, l'éminent directeur* de l'Institut de Chimie de Montpellier lors de l'inauguration des bustes de Gerhardt et deChancel, le il juin 1896:
« Médilez l'histoire de Gerhardt. Dans ces quinze années de luttes, quelles grandes satisfactions a-t-il donc