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LES PREMIERS TRAVAUX DE GERHARDT SA RÉFORME DES NOTATIONS

Mémoires sur les silicates, sur la formule de Tacide tartrique anhydre. — Recherches sur rhellénine. — Mémoire sur la coDstitution des sels organiques à acides complexes. — Mémoire sur l'essence de cumin. — Recherches sur la classification chimique des corps organiques. — La réforme des nombres proportionnels et des formules.

Mémoires sur

les silicates.

sur la formule

de Tacide

tartrique

anhydxo.

Dès le début de sa carrière, Gerhardt montre Tesprit de méthode qui le dirigera dans le cours de ses recherches. 11 est animé du désir ardent d'apporter Tordre là où il n'y a que confusion, de découvrir des lois générales qui permettent de réunir les faits épars, de classer les composés organiques en séries qui permettent de saisir leurs analogies, de marquer leurs dissemblances.

11 venait d'avoir dix-huit ans quand il publia son premier travail dans le journal d'Erdmann ; c'était une revision des formules des silicates, formules qu'il avait calculées à nouveau d'après les analyses, et dans laquelle il propose une classification méthodique de cet ordre de sels complexes.

Ce mémoire lui valut des éloges de Berzélius : M. Ch. Gerhardt ^ dit-il dans V Annuaire de i838^ a fait un travail bien méritoire en calculant les résultats de f analyse d'un grand nombre de silicates naturels pour les comparer aux formules établies. Il découvrit ainsi beaucoup d'' erreurs plus ou moins considérables qui provenaient soit de fautes de calcul^ soitde fautes d^impression^ que les auteurs avaient copiées l'un de t autre. A ce travail pénible et utile^ il joignit celui de développer de nouvelles formules.,.

La seconde publication de Gerhardt est également un mémoire de théorie, qu'il publie en 1838 dans le Répertoire de Chimie de Gaultier de Claubry dont il avait alors la direction. Il ne craignit pas de s'élever contre une opinion de son maître, de Liebig, dans cette note intitulée : Stdr la formule rationnelle de V acide tar trique et sur quelques décompositions de la^imie organique. Le sujet même de la discussion n a plus grand intérêt à notre époque, car il s'agissait de la formule qu'on dêvarPattribuer à l'acide tartrique anhydre dont on supposait l'existence dans les tartrates, alors que Ton considérait les sels comme formés par la juxtaposition d'un acide et d'une base également anhydres. On représentait alors le tartrate neutre de potasse parla formule C«H«0"+2KO(C = 12, K = 78, 0 = 16.) L'acide tartrique anhydre était ainsi C*IPO"; Liebig faisait remarquer que l'émétique séché à 250<>, ayant pour compo-

KO sition C'IPO' o, .^v.? celui-ci ne renfermait plus d'acide tar-

trique. Gerhardt admit, à l'encontre de Liebig, que Tacide tartrique anhydre des tartrates devait être représenté par C*H*0% et non pas par C*H•0*^ Ceci nous importe peu aujourd'hui, mais le mémoire de Gerhardt n'en mérite pas moins d'être rappelé, car il s'élève dans la discussion à des règles générales qui ramènent à des prévisions réalisées par les découvertes ultérieures. Toutes les fois, dit-il, qu'une base hydratée décompose un corps organique, cette action a lieu aux dépens dts éléments de feau, de telle façon que les molécules des corps organiques se groupent de la manière la plus favorable pour former un corps oxygéné d'un côté, un corps hydrogéné de F autre, indécomposables tous deux à la température à laquelle cette action a lieu.

Il applique cette règle à une réaction observée par Liebig et Wôhler qui, en traitant l'hydrure de benzoyle par la potasse, avaient obtenu du benzoate de potasse et un corps huileux.

Ce corps huileux, dit Gerhardt, contiendra plus d'hydrogène que facide benzoïque et que fhydrure de benzoïle.

Ce n'est autre en effet que Talcool benzj^ique C'Jl'O, dont la découverte et l'étude sont dues à Cann/zz^ro, et dont nous représentons aujourd'hui la formation p/r Téquation suivante

(en formules actuelles), absolument conforme à la prévision remarquable du jeune Gerhardt :

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