‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 241 sur 274 · Mémoire sur l'histoire générale des glycols en · texte numérisé non relu

Mémoire sur l'histoire générale des glycols en

suprêmes de l'humanité — il pesait le pour et le contre au point que la conclusion semblait devoir être incertaine. Mais à mesure que la voix sonore du maître retentissait plus claire dans la salle, sapjarole prenait un essor presque triomphant, et Tauditoire ne doutait plus de quel côté penchait la victoire *. »

Wurtz disait en effet en parlant de l'œuvre de Gerhardt : « Pour ce qui concerne les doctrines chimiques, notre siècle n'en a pas vu de plus grande. »

Ayant été des premiers à la comprendre, Wurtz eut la gloire de la conduire à de nouvelles destinées et le bonheur de jouir des brillants travaux auxquels elle Ta conduit. Il n'oublia point ses maîtres et il sul leur rendre un hommage qui, dans sa bouche, est un jugement que l'histoire de la science doit enregistrer :

« La grande figure de Gerhardt ne sera point séparée de Laurent, dit-iP; leur œuvre fut collective, leur talent complémentaire, leur influence réciproque. Également puissants par la hardiesse et la profondeur de leurs conceptions, l'un déployait une habileté sans pareille dans l'art des expériences, quand l'autre brillait surtout par la méthode, par la netteté plus grande des idées et surtout par la clarté plus saisissante de l'exposition.

« Tous deux sont morts, ignorés du plus grand nombre, et n'ont ni brigué ni trouvé la faveur populaire : les routes élevées n'y conduisent pas toujours. Laurent et Gerhardt ne les ont jamais quittées, peu enclins à poursuivre ces succès faciles qui, pour les âmes fortement trempées, ne sont ni un appât ni un gain.

« La recherche de la vérité, telle était leur passion, et, préférant leur indépendance A leur avancement, leurs convictions à leurs intérêts, ils ont mis l'amour de la science au-dessus des biens du monde, que dis-je? au-dessus de la vie elle-même, car ils sont morts A la peine. Rare exemple d'abnégation, sublime pauvreté qui vaut un titre de noblesse, mort glorieuse que la France ne doit pas oublier 1 Pour nous, témoins émus de leurs travaux et de leurs luttes, puissions-nous fortifier nos cœurs par le souvenir d'un si grand courage, et confondre dans un même sentiment de respect et de reconnaissance les noms inséparables de Laurent et de Gerhardt. »

4. Biographie d'Adolphe Wurtz, parA.-W. Hofmann, 1888, p. 79.

2. Eloge de Laurent et de Gerhardt, par Ad. Wurtz, prononcé le 12 mars 1862.

Page 1