‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 258 sur 274 · CN*IP + (KH)0 = NH' + CS'KO · texte numérisé non relu

CN*IP + (KH)0 = NH' + CS'KO

mellonure.

Liebig ne dit pas un mol de la formation de Tammoniaque dans la distillati n sèche de l'acide persulfocyanhydrique, et j'ai remarqué que vers la fin il s'en développe beaucoup. Tout cela est bien obscur.

Adieu, mon bon ami; je vous dis prenez courage, je devrais me le dire aussi à moi. Je suis désolé de voir qu'on vous laisse comme cela à Paris, sans rien. Et la chose de la Monnaie, que devient-elle? Salut de cœur.

Ch. Gerhardt.

Suivant Liebig, je n'ai pas eu le droit de découvrir la formation de l'essence d'ail par l'essence de moutarde et le K, attendu que Will, dans son travail sur cette donnée, a considéré l'essence de moutarde comme du sulfocyanure du radical d'allyle! C'est fameux, et cependant les formules de toute la boutique sont fausses.

Laurnii à Gerhardt,

Paris, 17 février 1846.

Mon cher ami, c'est aujourd'hui seulement que je lis le pamphlet Liebig. Je n'en connaissais que les injures et je ne croyais pas que cela valût la peine d'y répondre. Mais j'entends dire de toutes parts que les faits articulés par Liebig contre vous sont écrasants, que vous êtes perdu si vous n'y répondez pas.

Je suis de cet avis; je viens de lire votre réponse adressée au Journal de phatmacie. C'est mou, c'est flasque, et cependant vous avez entre les mains d'excellentes raisons. Voici ce qui me paraft convenable de faire. Premièrement, vous referez votre article, concis,

sérieux et complet pour le Journal de pharmacie^ avec addition et retranchement que je vous indiquerai. Secondement, je vais tailler un article pour le journal de Quesneville, que je vous communiquerai et vous m'y ferez les changements qui vous paraîtront convenables...

... Saint-Evre fait un travail sur le pouvoir réfringent des substances organiques. Il trouve encore que ses résultats ne s^accordent qu'avec vos équivalents. Courage donc ! faites cette déclaration : On m'accuse de corriger avec trop de facilité les travaux des chimistes pour les faire accorder avec mes équivalents. En quoi cela trompe-t-il les chimistes? Je pose constamment le dilemme suivant : ou mes équivalents sont vrais, alors telle analyse est fausse; ou l'analyse est vraie, alors mes équivalents sont faux. J'en appelle chaque jour à l'expérience. Un nouveau fait survient-il? est-il contraire h mes équivalents? je le nie ou j'indique une correction. Ou bien enfin il est sous-entendu que mes équivalents sont faux.

Tout à vous.

A. Laubent.

Je relèverai les erreurs de Liebig avec commentaires. N'est-ce pas lui qui a analysé les carbazotates ?

Gorhardl à Laurent.

Montpellier, 23 février 1846.

Mon cher ami, j'ai reçu vos deux lettres; je me suis empressé de changer mon article...

Oui, le travail sur l'acide carbazotique est de Liebig. Il n'a pas admis d'hydrogène dans l'acide, quoiqu'il y ait près de 1,5 p. 100. Et notez, \cs premières analyses que j'ai faites au laboratoire de Giessen sont précisément cet acide carbazotique. Mes analyses sont consignées dans ma thèse de docteur soutenue à la Sorbonne. Ces analyses ont été faites en mars 1837. J'ai encore le cahier et puis vous le montrer. A cette époque déjà, Liebig n'était pas content de moi parce que j'avais trouvé 1,39 et 1,47 hydrogène; lui soutenait qu'il n'y en avait pas. Le calcul donne 1,31.

Il est positif que le mellon ne donne pas de mellonure par (KH)0 ; lorsqu'il s'y dissout à froid, ce n'est que du mélam avec dégagement d'ammoniaque (poliène Vœlkel), et puis l'acide acétique précipite de l'amméline C'A^N'O, ainsi que du soufre ; j'ai dissous le précipité dans l'acide nitrique étendu à chaud, et obtenu des cristaux de

nitrate (Tamméline (le filtre retenait le soufre), que rammoniaque précipite en flocons blancs. Ainsi le mellon ne donne pas de mellonure. Je vois que Vœlkel affirme aussi la même chose, et il trouve toujours au moins 1,77 d'hydrogène dans le prétendu mellon, provenant de la calcination ultérieure du produit.

Il faut nous partager maintenant la besogne; laissez-moi le mellon, sa formation et réaction ; je cherche un procédé pour éviter de passer par les corps sulfurés; refaites comme vous dites du mellonure, et puis nous mettrons tout cela ensemble. Je crois que Vœlkel a raison quant à Thydrogène, mais il faut chercher une métamorphose du produit...

Plus j'y réfléchis, plus je crois avoir raison en supposant que Tazote et le carbone sont dans les mellonures comme dans les cyanures C*N*MO. Les analyses de Liebig iraient avec cela ; songez dès lors au dosage de Tazote, et tâchez de le faire par le procédé Will et Varrentrapp, qui, pour ce cas, est bon. Soyez tranquille, je ferai €omme vous me dites relativement à ces mellonures dans mon article...

Gerhardt à Laurent.

Montpellier, 9 avril 1846.

...Hofmann a publié une annonce de quelques anilides sulfurés el à cette occasion aussi un mot sur un produit cristallisé avec PQ" el aniline ; ainsi ne faites rien là-dessus. Hofmann insinue que c'est lui qui avait eu Tidée des anilides (rannonce de son urée anilique) el que je Tavais exploitée ensuite. Si vous avez par hasard mes lettres de la fin de 18 i4 ou du commencement de 1845, voyez donc si je ne vous ai pas communiqué Toxanilide avant de connaître son urée anilique; je sais du moins que je la ruminais déjà bien avant de connaître le travail de Hofmann sur les chlor. et bromure d'aniline...

Laurent à Gerhardt.

Paris, 14 avrU 1846.

... J'ai bien quelques lettres de vous sur les anilides, mais sans <lates. En tout cas, vous pourriez peut-être insérer une note de moi à peu près ainsi conçue : M. Hofmann a voulu profiter de la position fâcheuse dans laquelle M. Liebig a mis M. G... pour un instant. 11 saisit l'occasion aux cheveux pour faire une espèce de réclamation à

M. Gerhardt. Or, M. Gerhardt avait parlé des anilides à plusieurs personnes et à M. Balard, avant que M. Hofmann n'eût encore rien publié sur ce sujet. Je reçus, il y a... environ, des lettres de MM. Hofmann et Gerhardt qui m'apprenaient qu'ils travaillaient sur un certain €t même sujet des anilides.

J'écrivis aussitôt à chacun de ces messieurs pour les engager à s'entendre entre eux et se partager la besogne (nous n'avions pas besoin, je pense, de courir sur les traces de M. Hofmann), et l'on pourra me iîroire d'autant plus facilement, que j'ai entre les mains une lettre de M. Hofmann qui prouve que j'avais commencé certaines recherches sur Taniline, que j'en avais fait part à M. Hofmann, et que sur sa prière je n'ai pas continuées pour lui en laisser tout le fruit. Or, lorsque je me suis conduit ainsi avec M. Hofmann, je puis bien m'étonner des insinuations qu'il fait contre M. Gerhardt. M. Gerhardt et moi nous connaissons un sujet de recherches dont s'occupe M. Hofmann depuis un an.

H peut dormir tranquille sans craindre notre concurrence, mais depuis dix-huit mois M. G... et moi nous nous occupons de recherches (pour faire suite à mes recherches sur les combinaisons des acides anhydres avec l'ammoniaque) sur les combinaisons des chlorides avec l'ammoniaque et l'aniline. M. Hofmann nous a prévenus par le chlorure de phosphore et l'aniline, nous n'en continuerons pas moins notre travail sur ce sujet, etc..

La fin de cette note est importante pour moi, car j'ai la chlorocyanamide anilique, et avec M. Delbas je fais l'aniline -)- chl. fluorure, bore, silicium, etc., avec fluorure silicium nous avons une combinaison volatile sans décomposition qui se représentera sans doute par

fSi -|- anil — Si fluate d'aniline. — Je vais analyser la chlorocyanamide anilique aujourd'hui.

— L'analyse de la cacothéline (machination insidieuse dans le but de nuire) ou matière rouge de la brucine = C"H"Az*0*" -f C*AzHW -f H*0 = brucine + 3AzH0'...

Gerhardt à Laurent,

Montpellier, 17 avril 1846.

...J'ai reçu vos quatre exemplaires.

Les deux sous-nitrates de Pb s'obtiennent cristallisés NPbO' -)- (Pb H)0 et NPbO" + 3(PbH)0.

Les autres sont des mélanges. Je vous adresserai prochainement les détails là-dessus. Toute la chimie minérale est à refaire. Je crois

que tous les sous-sels sont le sel neutre + n fois Thydrate. Et cet n atteint un maximum fixe pour certains sels : ainsi, pour les nitrates c'est 3.

Graham s'est trompé avec le sous-nilrate de cui\Te : c'est NCuC + 3(CuH)0. Je n'avais pas dosé l'hydrogène, sa formule suppose A p. 100 d'eau. J'en obtiens 12.

Mais c'est fort ennuyeux tout cela. Je m'amuse à préparer tous ces sels. Je ne puis pas encore comprendre la magnésie blanche — c'est un gâchis épouvantable dans ce qui a été fait sur les sels*

D'après les éthers volatils = 2 vol. d'Ebelmen, la silice est quadribasique S*0*H*0*, et l'acide borique tribasique BH'O' : je n'ai pas encore réfléchi assez sur les éthers nitreux. Il y a une symétrie de volumes 1res frappante dans la formation des éthers volatils par les chlorures.

BCr + 3C*,irO = 3Ha + 2 vol. éther borique d'Ebelmen, qu'il 2 6 6

appelle protoborate et représente par 4 vol. Si'Cl* + 4C*H'0 = 4Ha + 2 vol. éther, il le représente par 1 vol.

Il faudra tâcher de recueillir assez de faits pour publier quelque chose sur la symétrie. Cela me paraît très important...

Laurent à Gerhardt.

Paris, d mai 1846.

Je viens d'analyser

l'acétale de

cuiNTe.

La formule est réellement

C'H'CuO* + H'O.

Calculé.

Trouvé.

Cu

Si c'était C*irCuO* + 9 p. 100 d'acide acétique, il faudrait 27 à 28 de (carbone et 3,6 d'hydrogène.

Mettons de côté la nature des corps qui entrent dans un composé et voyons seulement le volume total.

1 vol. d'acétate de cuivre peut se combiner avec 1 vol. d'eau.

CH'Cu^O +H0« Iv. Iv. '

On peut avoir 2 vol. acétate -f 1 vol. d*eau, pourquoi pas? On pourrait avoir :

tandis que

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