‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 259 sur 274 · etc · texte numérisé non relu

etc

seraient moins probables.

En définitive, 2 sel : 1 d'eau est si simple qu'il est possible ; car Teau est aussi bien un sel que Tacétate de cuivre.

Gerhardi à Laurent,

Montpellier, 12 mai 1846.

Mon cher ami, si je vous avais donné à copier mon registre, vous ne seriez (pas tombé plus juste pour l'analyse de Tacétate que moi. Mes nombres sont antérieurs à la note que je vous ai envoyée.

Je trouve en efiFet C 24,2.

H 3,9 les cristaux n'avaient pas été séchés

à 100 degrés.

Je Tai fait cristalliser dans Talcool et sécher à 100 degrés.

Votre raisonnement sur la simplicité de la combinaison par rapport aux volumes est fort juste, mais je n'ai pas voulu dire que l'acétate était C*H*CuO* + 9p. 100 à' acide acétique^ j'ai dit exprès vinaigre. Or, voici ce que me donne la détermination du liquide que j'ai recueilli jusqu'à 150 degrés. Notez que la décomposition du sel n'a lieu qu'à 240 degrés (passé 140 degrés, il ne passe plus rien jusqu'à 240 degrés).

2 gr. 038 carbonate de K. bien pur, calciné et dissous dans l'eau de manière à former 100 centimètres cubes.

2»''647 du liquide ont saturé 57'='' = 1^161 carb. de K.

CHARLKS OERHARDT. 34

Les 2^''647 se composent donc de 5 /^,^ ^ > ou bien

'^ (l.ilSeau )

il y a 35 p. 100 d'acide acétique dans ce liquide. Mettons que c'est le

tiers.

Or, puisqu'il passe 9 p. J 00 de liquide, il n*y a donc que 6 p. 100

d'eau. Cela fait 2/3 équivalent H*0 pour la formule C*H*CuO*, car :

Cu 64

Liquide 18 ou 9 p. 100. Or, 6 est les 2/3 de 9...

Gerhardt à Laurent,

Montpellier, 3 juin 1846.

... Malgré le mouvement de translation et le mouvement vibratoire des atomes, Baudrimont s'est mis dedans avec son eau régale ! Vous savez qu'il attribue au gaz la composition N'0'C1* = 6 vol., et cette formule ne rend pas compte de la réaction, car il se développe du bioxyde d'azote au contact des métaux. Or, je yiens de faire deux dosages en déterminant le rapport qui existe entre l'acide nitrique et l'acide hydrochlorique qui se produit au contact de l'eau (en saturant par solution titrée de CO'KO et précipitant ensuite par nitrate d'argentj; je trouve 1 nitrique pour 3 chlorhydrique , c'est-à-dire NOCl* ou N"0*Cr! ! Et notez que j'ai opéré sur assez de matière pour avoir une diflFérence de 250 à 300 milligrammes dans le chlorure d'argent sur les deux formules! Je vais m'amuser avec cela d'ici aux vacances, de manière à avoir au moins huit à dix déterminations. Mais n'en dites encore rien à personne. Notez que, selon moi, le gaz est correspondant de l'oxychlorure de phosphore de Wurtz. Ma formule explique tout. Ainsi, elle correspond à 4 vol. densité calculée 2,37, Baudrimont 2,45. Or, au contact du mercure, le gaz donne la moitié de son volume de bioxyde d'azote, en donnant du bichlorure de Hg et du protochlorure; ce dernier a échappé à Baudrimont.

NHO' + 3Ha = NOa" + 2H'0 ) ^^

NOCl' + 4Hg. = Hg'Cl + Hg'Cl' + NO ) ^ ^^ .^

L'azote a évidemment deux équivalents comme le ferricum et le ferrosum; peut-être la différence dans les volumes vient-elle du passage de Tun à Tautre. 11 n'en est pas moins vrai que ma formule est d'accord avec toutes les réactions...

Laurent à Gerhardt,

Paris, 5 juin i8i6.

... Je crois vous avoir dit que je ne concevais pas pourquoi les métaux avaient seuls le privilège d'avoir deux équivalents, et que je pensais qu'il devait en être de même des corps non métalliques. J'ai bien médité les équivalents. Les mots équivalents, atomes et volumes ne peuvent pas être synonymes. Il y a des corps entre lesquels il n'y a pas équivalence.

Aucun nombre en oxygène ne peut être l'équivalent de l'hydrogène.

Il y a équivalence entre Ox. S. Sel. Tell. — H,C1,B. métaux.

Mais entre ces deux classes, il n'y a pas d'équivalents, il y a atomes, il y a nombres proportionnels, mais pas d'équivalents...

Laurent à Gerhardt,

Paris, !«' juillet 1846.

... Quant aux équivalents, laissez-moi faire mon affaire, laissez-moi débrouiller cela. Je vous enverrai mon manuscrit. (Hélas ! il n'est pas encore commencé.) Vous m'y ferez les annotations que vous jugerez convenables. Je tiens l'affaire des équivalents, atomes, volumes. Votre notation est bonne, mais les mots équivalents et volumes ne sont pas synonymes. Voici ce que c'est.

Atomes, volumes et nombres proportionnels peuvent être synonymes. En effet : le nombre proportionnel est un nombre choisi arbitrairement; on peut le prendre tel qu'il s'accorde avec l'atome ou volume et qu'il donne la notation la plus simple.

L'équivalent est autre chose : c'est la quantité d'un corps simple qu'il faut employer pour remplacer un autre corps simple et jouer son rôle. Tous le» corps simples ne sont pas ét^uivalents.

Aucun nombre d'oxygène ne peut être l'équivalent de 6 ou de 12 d'hydrogène, de 221 ou 4i2 de chlore. Il y a donc une table des atomes, volumes ou nombres proportionnels.

Cette table se divise en deux catégories — ou trois?

Atonies.

Monades

Equiv.

Ox.

Sel.

Tell.

Equiv.

Met.

Dyades Hy. Chl.

Equiv.

Carb.

Az.

Br.

lo.

Ph.

Ars

Admettons qu'un volume renferme un atome et que chaque atome

soit binaire.

Ox. = 0.0. = i vol. = 1 al.

Chl. = Cl.Cl. = >) = »

Br. = B.B. = » = »

Voici ce qui se passe : chlore + hydrogène :

Les dyades existent toujours en nombre pair, qu'il y ait un ou deux au plus corps simples pour faire le nombre pair. Quant aux monades, la molécule divisée comme les dyades peut exister par demie sans remplacement,

La notation par i volume serait parfaite s'il n'y avait pas de fraction.

Les dyades sont les équivalents les unes des autres comme substitution (comme place à remplir) ; les dyades ne sont pas les équivalents des monades, elles se sous-divisent en corps, qui jouent le même rôle chimique; Thydrogène est amphibie.

Équivalent et atome ne sont donc pas synonymes. Mais 100 dans la notation ordinaire n'est pas l'équivalent de 12 d'hydrogène, pas même en poids...

Gerhardt à Laurent,

Montpellier, 20 novembre 18i6.

... Vous avez un congé d'un an, donc vous pouvez vous transporter où bon vous semble. Venez ici jusqu'aux vacances prochaines ou jusqu'au printemps, si cela vous paraissait trop long. D'ici à Pâques vous n'auriez dans tous les cas rien de nouveau à Paris. J'ai tout ce

(;ERHARDT A LAURENT 533

qu'il faut au laboratoire, quelques jeunes gens pour leur faire faire des préparations et des analyses. Dans huit ou dix mois nous pourpions, à deux, faire autant que chacun séparément dans quatre ou cinq ans ; pendant ce temps, nous' ne soufflerions pas mot et nous laisserions les Parisiens patauger comme il leur plairait; puis, aux vacances, nous lirions successivement une demi-douzaine de travaux complets ; cela ferait bien autrement de Teffet que les quelques notes lancées de temps à autre. De cette manière, nous pourrions reprendre une à une toutes les questions, combattre corps à corps et les abîmer. C'est alors que les journaux politiques nous appuieraient aussi, et vous savez fort bien que ces messieurs de la clique tiennent beaucoup à leur réputation.

Alors aussi nous pourrons faire nos conditions.

11 n'y a pas moyen de nous tirer d'aflaire autrement. Et tout en faisant nos travaux de laboratoire nous nous mettrons à faire le volume que nous avions projeté. Tout cela pourrait être uni au mois d'août. Songez donc combien d'avantages nous avons sur eux! Il nous sera si facile de les écraser si nous sommes réunis I Je vous le [répète, à moi seul, je suis incapable de rester longtemps à un seul travail ; dès que j'ai mon résultat, cela m'embête d'y rester pour limer et compléter par quelques analyses.

Ainsi, mes anilides sont fmis et je ne puis pas me décider à rédiger, attendu que je ne voudrais pas qu'on y trouvât à redire quant aux détails des analyses. Vous savez vous-même combien on tient à ce que toutes les analyses soient complètes.

Depuis quinze jours je n'ai rien fait, j'ai les maçons au laboratoire, et ils n'en flnissent pas. J'ai bien du phosphure d'azote, mais ce qui m'a retardé, c'est qu'il se forme en même temps le produit intermédiaire chloré PCrN, dont je vous ai parlé, et il a fallu l'isoler aussi. Ce dernier est en paillettes superbes comme du camphre, et volatil sans décomposition. Je tiens à en avoir assez pour une densité de vapeur. Voici la réaction :

pcr + Nir = pa*N + wa\

PCPN -j- NH' = î2Ha -f P.VH.

Pour moi, c'est net et clair. Mais il faut que je donne les analyses complètes.

Toutes les affaires de Rose et Persoz sur les chlorures volatils et r ammoniaque sont fausses! vous pouvez y compter.

Voilà un premier sujet à prendre ensemble. Il se forme des sels amidés ou analogues, mais certainement l'ammoniaque ne s absorbe pas purement et simplement...

Nous ne ferons que de la chimie minérale, les neuf dixièmes des sels sont mal analysés, j'en ai la conviction intime. Je vous ai déjà dit que je m'occupais des nitrates. Or, les affaires de Graham sont fausses. Les niirites le sont aussi ; ils ne renferment pas NMO*, mais il y a H*0 en sus comme les phosphites.

Ils sont donc bibasiques, et cela vous expliquera les anomalies dans les résultats de Frémy. J'ai déjà fait quelques déterminations sur les nitrites de plomb de Péligot, c'est effrayant que de gâchis! Venez, venez, nous les écraserons...

Laurent à Gerhardt.

Paris, 18 décembre 1816.

... Je croîs vous avoir dit que je travaillais à l'École normale; il n'y a pas encore de balances, on n'est qu'à moitié monté. Cependant j'ai commencé quelques travaux. J'examine quelques borates, ils vont tous très bien avec B*0'R* + x R*0, x nombre entier; j'ai la combinaison de l'acide borique anhydre avec ammoniaque (par ae. fondu pulvérisé, alcool absolu et courant d'ammoniaque). J'ai probablement aussi l'acide phosphamique, par alcool absolu saturé d'anamoniaque et versé sur P*0".

La dissolution précipite un peu par acétate plomb, mais la liqueur filtrée se prend en masse par ébullition. Je n'examinerai pas davantage cet acide, la réaction me suffît.

Je suis en train d'examiner les tungstates.

Je viens de débrouiller les affaires de Calvert sur les nitrates de plomb ammoniacaux ainsi que la base mercurielle de Millon.

Le tout revient à ceci : NO'M -f xM*0 ou xH'O ou xMHO. Comme je me propose de publier avec les borates une note sur ce sujet, je vous demande votre avis, vous avez peut-être plus de renseignements que moi. Tout va bien avec vos atomes et ma divisibilité.

Convention

cm équiv. cm ... CIM ... QM

= ClAm CIW as

hydrogène, ammonium.

= Chlorure de \ ,. ,

1 métal-ammonium

trimétal-ammonium.

Nitrate (posons) (ttsxt) "= 4-

NO'Pb.

NO*Pb + Pb*0 inconnu.

» 4- PbHO Berzélius.

» + PbAmO Calvert.

NO'Pb + Pb*0' Calvert.

( Berzélius et Calvert donnent N*0"Pb"H*

» + Pb*H*0* ) je propose 0"... H*

( c'est un précipité digéré avec ammoniaque.

+ Pb'Am'O*

L i>K.4 af^* S Calvert donne N"0**Pb"H"

» + Pb*Am*10 ] . cïto uM

^ (je propose 0 ...H

A. a.A «n. < Calvert N"0"Pb"H*'

'' + ^ AmO ^ je propose N^O^WH-

. ..V.4 i„ir.. i Calvert N*0"Pb"H"

» + Pb-Am.H.O«j ,^p^^p^^^ N-O-WH"

N'Pb + Pb*0' inconnu.

» + Pb'HO" Berzélius-Calvert donnent. . N*0"Pb"H*

1 DMA un» ^Calvert N'0-Pb-H"

» + PbAmHO j Je propose N«0"Pb"H-

j DMA n» < Calvert N"0"Pb"H"

» + Pb AmO ] .

propose N*0"Pb**H

+ Pb^HO* i . VtAi«DM«U>

NO"Pb + Pb*0* inconnu.

Calvert N*0"Pb"H*

' je propose VO**Pb"H'

+ Pb*Am*0* va

et deux oxydes Pb*H«0 ,

Pb^H*0

Base mercurielle de Millon [^tJ\ = W et ( M* ) = 2

base à 130 degrés, je la regarde comme un mélange.

Base séchée . M^ W^O ( " ^^^ ^^'^^ent qu'on pour-

t I ) rait mettre H à la place de Hydrate . . . HOW + âM» H«0 \ ^ ^tç^ le type serait tou-

Carbonate . . CO'W' + 4M«H^0 \ jours identique.

Séché à 13ry Oxalate.

Sulfate.

Nitrate .

rejeté = 4MîHîO — H*0 MiUon.

C«0*W + 4 id. — HH3 id.

SO*W .+ 4 id. — H*0

NO"W + 2 id. Soubeiran.

Bromate . . . BrO'W + 2 id. — H^O* Rammelsberg.

Sulfate doub. SO*WAm + 2 id. — HO» Mitscherlich.

Nitrate doub. NO*W«Am«-|- id. — H«0* Mitscherlich.

Chlorure provenant du lavage du précipité blanc :

QM + M20

lodure de Rammelsberg IM + M20

Calvert aurait autant de raison que Millon p ur faire plusieurs bases avec ses sels...

Allons, du courage. Vos équivalents ne sont pas aussi mauvais que vous le croyez, il n'y a que le mot équivalent qui est mauvais, en ce sens que jamais 0 ne remplace Cl 221...

Gerhardt à Laurent.

Montpellier, 27 janvier 1841.

Voici la note sur les sulfomellonures. Je me suis occupé des hydrogènes phosphores, et n'y comprends rien. Ils se comportent l'un et l'autre de la même manière avec une solution de sulfate de cuivre, mais il doit se former d'abord de Vhypophosphile ou phosphite, car la solution reste longtemps limpide, et si on la chauffé ensuite, elle dépose immédiatement du cuivre métallique.

De môme, on n'a qu'à faire passer le gaz spontanément inflammable dans une solution de cuivre pour que le gaz qui traverse ait perdu cette propriété sans troubler la solution. Les explosions sont embêtantes et il faut toujours remplir son appareil de gaz hydrogène. J'ai fait passer du protoxyde d'azote sur de la chaux potassée modérément chauffée : il s'est dégagé beaucoup d'ammoniaque. Je reprends d'ailleurs les combinaisons minérales azotées : l'aéthogène de Balmain est le boram. Du reste, les azotures"ne sont autre chose que des amides.

L'idée de Millon sur l'oxyde ammonio-mercurique me parait juste : cependant, sa formule ne l'est pas. L'azoture mercurique est Hg*N et son oxyde ammonio-mercurique Hg*NH*0 à l'étal sec. De la même manière que l'ammoniaque et le phénol donnent l'aniline, il se

GERHAHDT A LAURENT 337

peut très bien que les oxydes métalliques fassent la même chose... 11 faut absolument modifier nos idées sur les acides polybasiques. La formule n'indique pas si un acide Test ou ne Test pas. Les biformiates de Bineau et la densité de vapeur de Tacide sulfurique le prouvent. Mais il y a une différence dans la densité des éthers. La densité de vapeur du sulfate de méthylène a été prise i.5 = 2 volumes. On a donc :

2 vol. 2 vol. î vol. 2 vol.

Acide monobasique CH'O* + C'H'O — H*0 == éther neutre. 4 vol. 4 vol. 4 vol. 2 vol.

— bibasique SirO* + 2CH*0 — 2H*0 = éther neutre.

On peut donc penser que C*H*0* acide oxalique représente 4 volumes comme Tacide sulfurique ; Tacide carbonique 2 volumes sera donc C«HO*«. Je crois qu'un même volume de tous les acides sature la même quantité de base ;* c'est-à-dire que dans 2 volumes d'un acide quelconque, il y a toujours un seul H remplaçable. Réfléchissez làdessus...

Laurent a G er hardi.

Paris, 23 février 18i7.

... Qu'est-ce que c'est que votre chicane sur les atomes? est-ce que je ne veux pas dire : les atomes des chimistes sont divisibles, par conséquent, etc.

Comment c'est vous, vous Gerhard t (Charles), l'auteur d'une Chimie organique en 2 volumes, qui nous faites des sulfates ou nitrates ou chlorures copules avec de la mercuramide? Ah fil voUs me faites horreur!...

Gerhardt à Laurent,

Montpellier, mars 18n.

Vous vous f... de moi en me faisant admettre des sulfates nitrates ou chlorures copules avec de la mercuramide.

Je n'ai pas dit cela. J'ai voulu dire que si le sulfate d'ammoniaque est SH*0*,2NH', le sulfate de mercure ammoniacal est SirO*,2 mercure. Or, je prends des corps isolés et connus. Si vous voulez que le sulfate d'ammoniaque soit S(H*N)*0*, ce qui m'est égal, le sulfate de mercure ammoniacal sera S(niercure)^0*. Je n'ai pas voulu dire autre

.i38 SA CORRESPONDANCE

cliose, aussi j'ai comparé la mercuramide aux alcaloïdes organiques. Vous voyez que c'est notre ancienne querelle sur la manière de représenter les corps.

Vous admettez que le sulfate K anhydre S*0'K' est bien un type différent des sulfates SO*K*, parce qu'il peut cristalliser sans eau. Pourquoi pas aussi l'acide borique? Tout cela est une aflFaire de stabilité plus ou moins grande.

Du moment que vous l'admettez pour l'un, il n'y a pas de raison pour ne pas l'adopter pour les autres. Du roste, c'est là une affaire de convention. On dit que le phosphate de baryte renferme 1 équivalent d'eau de constitution P*0",:2Ba*0,H*0 = P(Ba*H)0*, soit.

Mais je trouve que le pyrophosphate de baryte renferme aussi îi 100 degrés 8 p. 100 d'eau! c'est-à-dire P*0\ 2Ba*, 2H'0.

Je sais bien, vous me direz, le sulfate de Cu, de Mg, etc., retiennent tous H*0 à 100 degrés ; mais la règle? Quand est-ce de l'eau de cristallisation, quand de l'eau basique? Je travaille en ce moment chez moi et je cherche surtout à déterminer bien l'eau de tous les sels possibles, pour me guider dans la classification que j'adopterai dans mon nouveau livre. J'ai empoigné les phosphates, pyro et mêla, et je trouve qu'on a escamoté bien des choses.

Un moyen de déterminer la densité de vapeur des anhydrides par les chlorures volatils

/ PCI' = 2 vol. \ P'O'

jj^ =2vol.OrJ ^j. = 2 vol. r ^^^ B-O-

( si*a* = 2 vol. ; si*o*

correspondent à 2 volumes; cela vous choquera peut-être, à cause de la fraction d'oxygène, mais il ne s'agit que de rapports. Mon pyrophosphate Ba est donc

PO*^(irBa*) ou si vous aimez mieux PO*'Ba* + aq.

PO*' -h Ba*0.

(2 vol. + 2 vol.) -h 2 vol.

Voici comment je classe les sels (oxydes, etc.).

J'appelle équisel (équisulfate, etc.), un sel dans lequel il y a volumes égaux d'anhydrides et d'oxvdes.

PO'*Na" (pyrophosphate séché à 100 degrés) ; les autres sont des sous-sels s'il y a H'O, M'O en sus (excepté pour l'eau qui se dégage à 100 degrés).

GERHARDT A SACC 35^

C'est donc une convention^ et des sur-sels s'il y a l'anhydride en sus. Quant à ceux qui ne résultent pas des anhydrides, je les dérive de l'acide hydrochlorique.

Les équisels sont neutres ou acides M* Les sous-sels — — (MH)

Les sur-sels — — (MH)

Ainsi le sulfate de K SO*(K*) est Téquisel neutre, le sulfate de Mg à 100 degrés SO"H(HMg*) est le sous-sel hydromagnésique ou acide.

Je crois que quand H'O se fixe en sus, un seul H est basique.

Voyez, par exemple, les sous-nitrates que j'ai décrits dans les Annales; il y a :

NO*M équi-nitrates.

NO*ir(M)* sous-nitrate (équisel + 3MH0).

NO*H(Pb') un autre (équisel + MHO).

Je trouve qu'à l'exception de Ag et de Hg, toutes les fois qu'il y a un sous-sel par précipitation, il y a xMHO en sus.

Le phosphate de chaux tricalcique ordinaire PCa*0* renferme aq. à 100 degrés, c'est donc :

PO'Ca, âCalIO.

Les équiborates sont B'O'M'O = B'M*0*.

Le borate trimagnésique (Rammelsberg, II, Gmelin, p. 227) doit contenir à 100 degrés B"0",3Mg'0 + 2H'0, vérifiez donc le fait...

Gerhardl à Sacc^ professeur à la Faculté des sciences de Neuchdtel {Suisse).

Montpellier, M avrU 1847.

Voici un petit travail que je vous prie de vouloir bien présenter à votre Société. Ce n'est qu'un épisode d'un travail plus étendu. J'ai encore en portefeuille un grand nombre de faits, et notamment sur les phosphates, mais ils ne sont pas encore assez complets pour être publiés. Je vous citerai notamment le suivant : le phosphate de soude dit basique

P*0"3NaO correspond à P'O" | j^.^ renferme 5,2 p. 100 d'eau = irO qu'il ne perd pas à 100 degrés, et

qui y sont retenus avec beaucoup d'énergie, aussi bien que H*0 dans le phosphate dit neutre. Où est alors la loi de Graham?

Quand on verse du phosphate de soude neutre dans du nitrate de Pb, maintenu en excès, on obtient un sel parfaitement défini et cristallin qui renferme

( (NP)0*, PbO )

/ iro, PbO)

qui est évidemment mon sous-nitrate de Pb dans lequel la moitié de N est remplacée par P, etc*.

Laurent à Gerhardt.

Paris, 4 mai 1841.

...Votre nitrophosphate pourrait, dites-vous, être considéré comme

nitrate basique, mais il se dissout dans les acides. A cela je P-/ réponds : on pourrait le considérer comme un phosphate acide dans

lequel P* serait remplacé par N*. Lorsque deux corps simples se combinent, exemple : ClCl -f- HH, il en résulte CIHH- QH, qui doit être considéré comme du chlore dérivé ou de Thydrogène dérivé. Reste à savoir lequel. Le volume atomique, la forme cristalline pourraient nous l'apprendre. Ainsi les pyrites dimorphes, le sulfure d'antimoine dimorphe, etc., seraient dans un cas du soufre dérivé, dans l'autre du métal dérivé. Au reste, je n'ai aucune idée arrêtée sur les sels doubles à deux acides différents; une formule brute est furieusement brutale.

,,.,,.. , , SO*H* + aq doit être SO'H'

J admettrai, si vous le voulez, que g^»^, ^^ __ g^.^^,

et que par conséquent SO*Cu* + aq =- SO"Cu*H*, etc. . . , mais tout en vous accordant cela, est-ce qu'il n'est pas permis de dire : nous représenterons pour la mémoire ces différents types par SO*R* -|- 1,2,3H"0 ou Cu'O. Vous dites : irO est retenu aussi fortement ou plus fortement

dans P*0' + 3Na*0 + H"0 que dans P*0* + P^^^) ; donc il a y

pas de différence entre ces deux HO. A cela je réponds que la température à laquelle se dégage HO d'une combinaison ne peut nullement

1. Lettre commuoiquée par M. le bibliothécaire en chef O. von Gebhardt, de l'Université de Leipzig. Voir Comptes rendus de Gerhardt, t. llï, p. 200, et t, IV, p. 249.

nous indiquer d'une manière absolue si c'est HO de cristallisation ou non, et que ce qui me fait considérer HO dans les phosphates comme remplaçant MO, ce n'est pas la température à laquelle elle s'en va. Car avant son dépari, j'en retire un acide doué de certaines propriélés, et après son départ j'en retire un autre acide. Vous avez de l'eau qui s'en va à 0^ à 10, à 100, à 200, 300 ... ; de même CO' se dégage des carbonates à de basses, hautes températures, et même ne s'en va pas. En conclurez-vous qu'il faut distinguer CO* de constitution et de combinaison? Non, me direz-vous, et par la môme raison je ne distingue pas HO de constitution de HO de cristallisation. Mais alors, comment voulez-vous que je distingue le cyanogène de l'oxamide, de Toxalate d'ammoniaque, que je distingue (P"0',2NaO) -}- Aq de

(2NaO\ „^ j l'un me donnant un acide, l'autre un autre?

L'oxalate K renferme ■■{- Aq.

lebi id. + 2 Aq.

le quadri id. + 4 Aq.

Mais ne faut-il pas que le bisel renferme un multiple de 2Aq., le quadrisel un multiple de 4? Opérez la division et vous verrez que vous vous étonnez de voir que les oxalates K*,KH,K «H • soient combinés avec lAq.

Mais SO*Cu* -j- 3 (HO + OCu) renferme aussi en sus 4Aq. Donc,

dites-vous, si l'oxalate == 7 de f 4C0*-f *îho~'"^^^)' ^^ ^^^^ ^"^ ^^ nitrate de plomb basique = 7 de (oiir) + Qpbo) ' ^^ ^^^ ^^ sous-sulfate

^ . ' l/SO»CuO , ,, \ , , . , ^ .,A

de cuivre = 7 l oii^op q + 4Aq I. Je n en vois pas la nécessité.

H me suffit d'abord de voir que pour SO*Cu il y a un nombre entier de HO et GuO. J'aperçois bien une symétrie dans vos formules (je ne la dédaigne pas), mais non une analogie, car

/CO'-l- K0\ /SO' + Cu"0\

\co'-f-Hoy ^ ino-j-Cu^oj

ne renferment l'un et l'autre quatre termes que parce qu'il vous plaît de les grouper ainsi. C'est la même formule, dites-vous, mais renversée. Alors retournons-la, et nous aurons :

/CO' + K0\ /Cu*0 + son \C0' + HO/ \Cu*0 + Ho;

c'est-à-dire que Cu"0 correspond à CO'; je n'y comprends rien... et puis combien d'exemples avez-vous?

S'il n'y a pas d'acides bibasiques, dites-moi pourquoi le carbonate de chaux est isomorphe avec le nitrate de soude. Si c'est CO*Ca et N*0*Na, cela me paraît absurde ; mais écrivons CO'Ca* et NO*Na, cela le devient moins, surtout si vous remarquez que le volume atomique de NO'Na = 19,5 et celui de CO'Ca* = 18,7.

Un sulfate de est isomorphe avec un perchlorate de

SO*M, Cl'O'M, absurde; SO*M* et C10*M l'est moins...

Laurent à Gerhardt.

Paris, 13 février 1848.

Paul Thenard vient de me dire que tous ses travaux sur le

phosphure de calcium, son PH*, ses combinaisons avec le chlorure de méthyle, sont faux. Toutes les formules sont à changer. Je lui avais .si souvent dit qu'elles n'allaient pas avec la loi de l'azote I Voici, d'après quelques nouveaux essais, ce qu'il pense (il doit vous écrire à ce sujet pour que vous mettiez une note provisoire dans votre Compte rendu) :

1* Phosphore -|- <^l»aux (en équivalents ordinaires). P* + 7CaO = PO'Ca" + FCa'. mais on pouvait avoir -)-8CaO = PO*Ca'...

2* Phosphure de chaux traité par l'eau donne :

FCa" + 5110 = FH* + 5CaO.

Phosphare liquide.

(Mais comment se forme-t-il de l'hypophosphite?)

3* Phosphure par l'acide HCl.

FCa" + 5C1H + 2110 = P'H*0" + PII' + 5ClCa.

P*H*0* est un composé jaune nouveau pris antérieurement pour du phosphure solide de II.

4" Le phosphure liquide 2(P'n'), décomposé spontanément, donne P•H + 3PH^

P'II est un autre phosphure solide remplaçant l'ancien P*H.

5« Le phosphure nouveau P*irO', bouilli longtemps avec eau, et HQ, semble s'y dissoudre en donnant de Tacide hypophosphoreux et du gaz Pir.

P'H'O* + 3H0 = Pll'0*+ PII'.

Mais tout cela est à revoir. Au reste, Paul Thenard doit vous écrire. Donnez-lui quelques conseils. Je crois que vous m'avez écrit que son phosphure liquide pouvait bien être PH'O.

P"H*0' serait un amide hypophosphoreux correspondant à PNH*0*...

GERHARDT A CAHOURS 543

Cahours à Gerhardt.

Paris, 22 février 1848.

La dernière communication que vous avez adressée à TAcadémie des sciences m*a forcé à adresser une réclamation relativement à Fessence de rue.

Je ne sais si vous vous rappelez qu'il y a quatre à cinq ans, je vous avais parlé des résultats que m'avait fournis Fétude de ce composé, résultats qui m'avaient conduit à rejeter la formule admise par M. Will et à adopter la formule C**H*'0*, ou dans votre notation C**H**0 = 4 vol. vapeur comme représentant l'équivalent de cette substance. Si vous avez encore l'exemplaire de ma thèse que je vous ai remis, vous y trouverez, pages 132, 133 et 134, les résultats que je viens de rappeler.

Vous y verrez, en outre, que j'ai fait voir que cette essence, traitée par l'acide nitrique, donne par simple fixation d'oxygène un acide que j'ai appelé acide rutique et que je représente par la formule C**H**0* ou dans votre notation C*nrO*...

Gerhardt à Cahours,

Montpellier, 6 mars 18 i8.

Je suis fâché de ne pas connaître votre thèse, et vous méritez d'être grondé pour ne pas me l'avoir envoyée. Voici, d'ailleurs, une note que je vous prie de faire insérer dans les Comptes rendus. Je vais envoyer aux Annales mes résultiits, quelque incomplets qu'ils soient : ils serviront toujours de confirmation aux vôtres. Autrement, si vous vouliez, comme j'ai encore plus d'une livre d'essence, nous pourrions continuer chacun de notre côté et publier les résultats en notre nom commun aux vacances prochaines.

J'ai aussi un hydrogène carboné par le chlorure de zinc et l'essence C"H" isomère ou identique au menthène.

J'ai reçu un nouvel envoi d'essence de camomille qui est terriblement chère ; j'ai la preuve maintenant que le principe oxygéné ne peut pas s'isoler, les points d'ébuUition sont trop rapprochés. Ensuite j'ai remarqué que l'acide valérianique et l'acide angélique ne se produisent pas toujours en égale quantité.

L'acide angélique est surtout abondant quand on fait fondre avec la potasse, mais alors il y a dégagement d'hydrogène.

De sorte que je crois avoir aflFaire à C*H*0

+ H*0 = acide valérianique.

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