n*0 — H* = acide angé
liqiie.
Les sels basiques m'ont longtemps occupé ; vous verrez cela dans Tensemble.
On imprime en ce moment les dernières feuilles de mon Introduciion à la chimie (chimie minérale et tout), un petit volume fonnat Charpentier. Dans quinze jours ou un mois au plus lard, cela devra être fini. Vous y trouverez, je pense, quelques idées nouvelles...
Cahours â Gerhardf.
Paris, 18 mars 1S48.
Je n'ai pu remettre votre note à Tlnstitut lundi dernier, me trouvant de garde ce jour-là pour le service de la patrie. Votre lettre m'a fait le plus grand plaisir; il y a si longtemps que je n'avais eu de vos nouvelles ; cela m'a reporté vers les anciens jours où nos correspondances étaient suivies. Puisque vous m'offrez un travail, j'accepte de grand cœur; je note avec soin tous les résultats nouveaux que j'obtiens avec l'essence de rue ; nous ferons le dépouillement de ce que nous avons obtenu Tun et l'autre dès que vous pourrez venir à Paris. Ce sera là un motif de correspondance ; je pourrai du moins, pour ma part, par une petite causerie de temps en temps, me faire illusion sur la distance qui nous sépare...
Je vais publier très prochainement dans les Annales de chimie mon mémoire relatif à l'action de l'acide nitrique fumant et de la licjueur sulfuronitrique sur les corps de la série benzoïque, anisique, salicylique, etc. Les binilrobenzoates sont de très beaux sels, l'éther binitrobenzoïque cristallise en aiguilles soyeuses de plusieurs pouces.
J'avais cru tout d'abord que le beau produit cristallisé qu'on obtient en traitant l'acide apisique par la liqueur sulfuronitrique et qui, traité par la potasse, donne un magnifique sel, était de Tacide anisique trinitrique ; de nouvelles analyses de ce produit et la réaction examinées de plus près m'ont appris que cette substance qui est neutre se décompose par la potasse en donnant un sel isomère du picrate de potasse. Le produit neutre est Fanisol trinitrique ; si on modère l'action de la liqueur nitrique on obtient Tanisol binitrique.
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On a donc :
C'*n"0* acide anisique.
C**irO* + AzO* = C*H'0* acide nitranisique + 110.
(AzO*) CnrO* 4- 2Az0* = 2C0* + C^irO* binitranisol + 2H0.
(AzO*)* C'H'O* + GAzO" = 2C0* + C'*H*0\anisol tri ni trique + 3H0.
(AzOy
Ces résultats sont parallèles à ceux que fournit Facide salicylique qui donne d'abord, comme vous Tavez observé, de Tacide indigotique, puis le phénol binilrique et trinitrique.
J'obtiens encore un autre isomère de l'acide picrique, c'est une poudre d'un jaune d'or qui forme avec les bases de fort beaux sels...
Gerhardt à ChanceL
Paris, 9 septembre 1848.
... Je vous annonce un fait mirobolant qui va faire réfléchir les dua- Hstiqucs. Nous avons repris le travail de Frémy sur les acides tartraliques et éliques. C'est faux d'un bout à l'autre : vous savez, les formules de Frémy n'allaient pas avec nos affaires. Or, voici ce que c'est : l'acide tartralique est tout simplement un isomère de l'acide tartrique, une modification dimorphe.
Le bitartralate d'ammoniaque cristallisé que nous avons analysé a une autre forme que le bitartrate, mais identiquement la môme composition. C'est donc la même chose que le sucre d*orge, l'acide lithofellique... etc., qui passent parla fusion en des modifications résineuses sans rien perdre.
Quant à Tacide tarlrélique, il est isomère de Tacide tartrique anhydre, et ce dernier ne se forme pas par la déshydratation de l'acide tarlrélique... Enfoncél...
Gerhardt à ChanceL
Paris, 2) octobre 1848.
Je suis enchanté de vos résultats : vous avez touché là une veine qui vous sera encore plus productive que la série butyrique. Mais tenez bon, n'en démordez pas jusqu'à ce que vous ayez bien nette-
CHARLBS OBRHARDT. 35
ment établi les réactions. Comme vous me demandez mon avis, je vous dirai franchement mes impressions.
Comme hétérodymide de C\ C** me paraît bien singulier. Je ne connais rien d'analogue, et, surtout, je ne puis pas m'en expliquer la formation par la distillation du benzoate de Ca. Ce dernier point est capital et vous ne devez pas lâcher Taffaire jusqu'à ce que vous l'ayez éclaircie.
Voici d'abord une idée qui pourrait vous mettre sur la voie : je crois que la benzone n'est pas C"H**0, et qu'elle n'a rien de commun avec l'acétone. Il est à remarquer que Péligot a trouvé plus de carbone que n'en exige cette formule.
Si l'on réduit son carbone au poids atomique 75, on a :
Péligot cnv'o
Ces excès proviennent-ils de ce que la matière aurait encore retenu de l'hydrogène carboné ? Mais alors, l'hydrogène eût aussi dû s'en ressentir. Ou sa benzone n'appartiendrait-elle pas plutôt à la série stilbique ? C**.
Il faut absolument que vous fassiez l'étude de la benzone ; Péligot dit qu'elle donne par le chlore un produit cristallisé, et par l'acide sulfurique un acide copule ; ces deux choses vous donneront la vraie formule de la benzone.
Il est remarquable que les résultats de Péligot s'accordent sensiblement avec C*"H*'0 ; mais j'ai de la peine à admettre cette formule, sans qu'il y ait quelque métamorphose à l'appui.
Voyez surtout si la benzone ne s'attaque pas par la potasse en fusion ; si vous obtenez là un acide, vous serez entièrement fixé.
Ceci me reporte à votre C"H** et à C*'H**0. Ce serait le premier exemple d'une oxydation directe (le stilbène, vous savez, se dédouble i : néanmoins, cela ne me paraît pas impossible; seulement je me demande comment ce coquin de C**H** résulte du benzoate ? Je n'ai pas le moindre doute sur l'exactitude de vos analyses, mais je vous rappelerai que, faisant ensemble, Laurent et moi, l'analyse de la leucine qui était très belle en apparence, en paillettes très belles, entièrement incolores, nous avons obtenu dans deux analyses identiquement les mêmes nombres, et nous aurions obtenu six fois la même chose en brûlant six fois la même matière. Mais le résultat ne donnait aucune foniiule ; ce n'est, enfin, que par une métamorphose que nous avons découvert que notre matière, malgré sa belle apparence, n'avait pas été pure.
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Aussi, je vous le répète, une bonne métamorphose vaut mieux que vingt analyses. Etes-vous sûr qu'à votre hydrocarbure il n adhère pas de benzine ? Dans la dernière hypothèse, cela ne rentrerait-il pas dans C**? Je vous le répète, ce C" me tracasse.
Vous parlez d'un acide, fusible à 120**, qui se forme par l'action de OHK sur C"H"0. Vous devrez, avant de faire autre chose, analyser cet acide. Vacide benzoîque et l'acide benzilique fondent tous les deux à i20\
Sans doute, vous me direz C"H"0 se convertirait fort bien en benzoate ou benzilate, puisqu'il pourrait en même temps se former du carbonate. Mais la réaction n'est plus symétrique, et l'on remarque une symétrie parfaite dans l'action de la potasse (ainsi que, d'ailleurs, dans toutes les réactions; — je publierai un jour quelque chose là-dessus, quand j'aurai assez de matériaux). Voici ce qu'on constate, quant à l'action de la potasse : pour chaque OHK qui réagit sur un aldéhyde, il se dégage H*. Exemple :
C'II^O + OHK = C'H"KO* -f H*
Pour les alcools seulement, vous avez pour l'hydrogène 2H' par OHK, et il me paraît probable que, dans ce cas, il y a deux actions successives.
Lorsqu'il se produit du carbonate et un autre acide, le dégagement de H doit aussi être dans un semblable rapport; je n'en connais pas, d'ailleurs, d'exemple bien net.
Dans l'hypothèse de la formation de benzoate ou de benzilate par C"H*"0, on aurait,
Benzoate :
C"H"0 + 40HK + 2H'0 = 2CH*K0* -f CO'K* + 5H'
Cela est bien dissymétrique ; et remarquez d'où viendrait 2H*0, par la potasse en fusion? Il faut, évidemment, xOKH, et chaque cas doit être fixé.
Benzilate :
e*H"0 + 30HK + 2H*0 = C**H"KO' + CO'K* + 4H'
même observation.
Si votre acide est de l'acide benzoîque ou benzilique, vous avez nécessairement un C** entre les mains.
Voilà pour la première partie de vos recherches ; quant aux composés nitrobenzoïques, il n'y a absolument rien à y redire.
La benzamide nitrée a déjà été obtenue par Field (mes Comptes rendus, 1848, p. 83 ; ou Journal de pharmacie, cahier de mars, p. 227)
en faisant fondre pendant quelque temps le nitrobenzoate d'ammoniaque.
Le nitrobenzoate d'ammoniaque a été traité par SH* par Zinin (mes Comptes rendut, 1846, p. 46). Il a ainsi obtenu ce qu'il appelle Tacide benzamique, nom impropre, car il renferme CH'NO* et ne peut pas donner d'acide benzoïque + anmioniaque. Il n'a pas étudié les métamorphoses de ce nouvel acide. C'est, vous le voyez, de la benzamide + 0, isomère de l'acide anthranilique et de la salicylamide de Cahours.
Le benzonitryle nitré n'a pas encore été obtenu.
Quant aux éthers nitrobenzoïques, E. Kopp a décrit et analysé celui de l'alcool (mes Comptes rendus, 1846, p. 199, il y a un an) ; celui de l'esprit de bois ne l'a pas été.
Tous ces corps ont été publiés postérieurement à mon livre; autrement vous les y auriez trouvés.
C'est fâcheux, mais vous pouvez toujours mettre ces résultat^ avec d'autres, car on n'a pas étudié ces transformations au poiat de vue de la conservation du type benzoate (défendu de dire type. Nous disons système. Autrement, si nous nous servons du mot type, c'est Dumas qui aura tout trouvé. Vous savez combien les mots ont de l'influence).
Au reste, on est toujours bien aise de voir confirmés des résuK^l^ déjà obtenus. Vous pourriez étudier l'acide dit benzamique eÇ y ajouter ces résultats.
Vous me demandez ce que Cahours a publié sur l'acide benzoïqup binitré. Il n'y a de lui qu'une note dans les Comptes rendus cfe C Académie : « En traitant l'acide benzoïque à une douce chaleur par un « mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique dont le poids doit , « être au moins douze à quinze fois égal au sien, j'ai obtenu une « matière parfaitement cristallisée, à laquelle l'analyse assigne la « formule... C'est donc l'acide benzoïque binitré. » Voyez aussi mes Comptes rendus, 1847, p. 282.
Voilà, je crois, mon cher ami, tous les renseignements que vous me demandez. Laurent va ajouter à ma lettre ses propres observations...
Gerhardt à Chancel.
Paris, 27 novembre 1848.
. Je suis très content de vos derniers résultats; la métamorphose par la potasse ne laisse aucun doute sur l'exactitude de votre forinule C"ir*0.
Ce genre de réaction est tout nouveau et me paraît très important..
Voici un rapprochement qui vous suggérera peut-être quelques autres expériences. La benzophénone est évidemment le benzobenzide^ c'est-à-dire qu'il est pour Tacide benzoïque ce que le sulfobenzide et le nitrobenzide sont pour les acides sulfurique et nitrique. Lisez donc mon Précis, t. I, p. 154, ce que je dis à Tégard de la benzine. Mon idée est d'ailleurs parfaitement d'accord avec votre théorie des acétones. On peut considérer la benzophénone comme de l'essence d'amandes amères (aldéhyde benzoïque) avec le résidu de la benzine î\ la place de H.