‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 42 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Liebig, du 23 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Liebig, du 23 avril

2. Traduction de la lettre de Erdmann à Gerhardt, du 6 mai 1841.

3. Traduction de la lettre de Liebig à Gerhardt, du 27 juin 1841.

élevé^ et vous trouverez que Vargtnt et les honneurs viendront tout seuls, s'offnront à vous sans que vous ayez la peine de les rechercher. Continuez à travailler aussi courageusement que par le passé, et ne négligez pas de vous seiTir des moyens dont vous disposez pour attirer sans cesse l'attention sur vous par des travaux de valeur. Ae vous abandonnez à aucune espèce do spéculations théoriques; elles ne serviraient qu'à vous concilier les amitiés d'une seule personne dont vous soutiendriez les opinions, et à vous faire des centaines d'ennemis. Des faits, toujours des faits nouveaux, voilà le seul mérite durable, nullement passager; ils parlent plus haut, sont à la portée de toutes les intelligences, vous amènent des amis et forcent Testime de vos adversaires. Il me sera permis de vous donner ces conseils, que je puise dans ma longue expérience, à un jeune professeur qui débute dans la carrière...

Les réflexions qui surgissent à la lecture de cette seconde lettre sont bien complexes : mettons à part cette insistance du danger de la théorie dans laquelle il y a un fond de vrai et qu'il a si souvent décrite*; n'est-il pas étrange de voir cette accusation de mercantilisme portée contre la plupart des hommes de science de notre pays? Quand cette accusation est proférée par le savant allemand qui a su le mieux exploiter ses brevets pour la conservation des aliments, et par conséquent profiter de la science comme un article de commerce? Certes^ rien n'est plus loin de notre pensée que de faire des reproches à celui que tout le monde entier connaît par les étiquettes du baron de Liebig : la légitimité de tels profits est hors de question; mais alors il ne faut pas s'attribuer le monopole de l'amour désintéressé de la science, et le prêcher à ses plus fervents adeptes.

Pénurie Si Ics afl*eclueux compliments des anciens maîtres devaient

deVontpdUer. touchcr le cœur du jeune homme désormais lancé dans l'arène officielle, s'ils lui faisaient éprouver la meilleure des satisfactions en regard du chemin parcouru, il s'en fallait totalement que la situation matérielle répondît aux espérances du savant. Non qu'il eiit à se plaindre des émoluments et de la situation personnelle. Mais ce sont les moyens d'étude qui font grave-

1. En particulier, voir la leUre de Liebig du 1<^' mars iSiO.

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