LABORATOIRE DE MONTPELLIER ÎK
ment défaut, c'est dans une installation misérable, avec une pénurie de fonds des plus honteuses qu'il faut tenter des recherches, ou simplement préparer des cours !
Quel contraste avec les magnifiques laboratoires dont il avait joui en Allemagne ! Quel contraste aussi avec les larges moyens mis à la disposition des professeurs allemands, que leurs gouvernements comblaient au point de leur faciliter la diffusion de leurs travaux en leur accordant la franchise postale M
Vous me pardonnerez, écrit-il à Cahoiirs ', mon long silence. Je suis tellement absorbé par Torganisation de mon cours et du laboratoire que j'ai à peine le temps de penser à mes amis. Vous ne sauriez vous faire une idée du désordre affreux où j'ai trouvé tout icil Celait à peu près sur le môme pied d'un certain laboratoire d'un certain conservateur que je ne veux point vous nommer, mais que vous devinerez facilement. Ajoutez à cela que nous avons 150 francs par an pour tous les frais de cours et 300 francs pour fa collection^ et vous pouvez vous faire une idée de notre détresse.
Avec les fonds dont la Faculté peut disposer, on peut, comme vous le voyez, à peine acheter le charbon nécessaire. Je suis démoralisé.
Ensuite le préparateur de chimie prépare également le cours de physique et celui de botanique, de sorte qu'il ajuste le temps nécessaire pour préparer la chimie, et encore ne puis-je rien faire faire par lui qui nécessite une opération un peu longuet
De plus, il n'y a pas de garçon de laboratoire ; Tl^omme de peine, qui vient quelquefois nettoyer les vases, est en même temps concierge de la Faculté et domestique des professeurs. Nous sommes obligés de lui donner tous les mois quelque chose sur notre traitement afin qu'il ne déserte pas.
1. m Mettez sur vos lettres les mots « Chem.-Wissens » et voire nom, tel que vous le voyez sur celle-ci, signée de cette manière, elle sera franc de port en Allemagne. » (Lettre de Liebig à MM. Crochard et C<«, du 20 août 1839.)