‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 45 sur 274 · LABORATOIRE DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

LABORATOIRE DE MONTPELLIER

agréments que présente la préfecture de Tllérault!... Notre Faculté des sciences est dans un état pitoyable, mais la faute en est en partie à mes honorables collègues, qui s'endorment dans leur chaire et vous ennuient sans pitié*. Hors Paris, il n'y a vraiment plus de mouvement scientiGque, c'est qu'aussi le gouvernement accorde si peu d'argent à ces malheureuses Facultés de province qu'il ne faut pas s'étonner d'y voir tant de mollesse et de nullité. Nous sommes dans un tel état de misère que j'ai été obligé de payer provisoirement de ma poche une partie des frais de mon cours...

Ces doléances furent naturellement portées à leur adresse par l'ami Cahours; la réponse, qui pouvait être prévue, est remarquable :

Il (Dumas) sait par M. Balard* dans quel état de dénûment se trouve votre laboratoire, il vous engage à faire quelque travail et l'on s'arrangera ensuite pour vous faire obtenir les fonds nécessaires à faire remonter tout votre matériel...

Voit-on le beau travail, — dégagé de toute théorie — , qui peut surgir comme une fleur de ce terrain désert et dont la récompense sera... le moyen de le produire? Pétition de principes vraiment peu digne de celui qui l'envoyait en fiche de consolation! Si, du moins, elle n'était accompagnée de la sollicitude suivante :

M. Dumas ^ me prie aussi de vous engager à voir le moins de monde possible et de vous borner h fréquenter les personnes pour lesquelles il vous a donné des lettres de recommandation ou qui peuvent vous être de quelque utilité...

Sollicitude complétée directement quelques jours plus tard par ces paroles vraiment par trop évangéliques :

Je vous recommande * plus que jamais la prudence, la sagesse, les ménagements autour de vous. Faites-vous aimer, c'est très doux en soi, et puis c'est un moyen de se rendre heureux et bon.

1. Le professeur de physique a 3 auditeurs, quelquefois cependant il en a 4; celui d'astronomie en a 2; celui de botanique, 5 ou 6 ; celui de zoologie, 2 ou 3. (Lettre de Gerhardt à Cahours, du 18 juin 1841.)

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