TRADUCTION D'OUVRAGES DE LIEBIG
Un autre que moi, certainement, se sentirait heureux d'avoir ma position, mais je vous avouerai, Monsieur, que je suis im de ces caractères qui veulent toujours marcher; je suis l'ami du progrès, et rien ne m'est plus contraire qu'une position stationnaire.
Voici donc rélat d'esprit dans lequel se trouvait le jeune professeur, une annt»e à peine après sa nomination : un désir immense de se débarrasser de ses entraves pour se consacrer entièrement à sa passion de la science!
de Licbig.
Velléitt^s
de démission.
A cette époque, un grave conflit s'était élevé entre Liebig et '^^f/^ysioiV
Dumas, qui était accusé, non sans raison, d'avoir publié dans
U^ son Essai de slakitique chimique^ sans citer le nom de Tau-
' teur, des propositions développées par Liebig à ses cours do
physiologie végétale. Liebig avait groupé ses recherches en un
volume qu'il pria son élève de traduire:
Je crois * qu'elles donneront une nouvelle et meilleure base à la physiologie animale, et qu'elles seront de nature à opérer une révolution dans la science...
Tous les artifices que Dumas emploie pour s'exalter auprès des ignorants, aux dépens d'autrui, lui seront de peu d'utilité; sans que j'aie besoin de dire un seul mot contre lui, tout le monde verra que ses idées sont nées de mes travaux, que par bonheur, il n'a qu'incomplètement connus.
Gerhardt accepta les propositions de son maître et promit d'apporter tous ses soins à la traduction de sa Physiologie^.
C'est pour moi un travail plein d'agréments, lui écrivait-il deux mois après ' ; il m'apprend une foule de choses nouvelles et je suis fier d'avoir été appelé par vous à être votre interprète en France. J'avais toujours eu une prédilection bien marquée pour la chimie organique, mais je ne pensais point, avant de vous avoir lu, qu'elle dût jouer bientôt un rôle si important.
Aussi, songeant à ses déceptions, l'idée lui surgissait tout à
do la
1. Traduction de la lettre de Liebig à Gerhardt, du 10 janvier 1842.