En réalité, fondé de pouvoirs de la banque Turckheira
5. Le premier enfant était une ûllc, Charlolte-Emma Gerhardt, née à Strasbourg le 28 mars 1812.
NAISSANCE DE GEHHARDT 5
Strasbourg à Tâge de vingt-deux ans, au printemps de 1802, et
Strasbourg, rue du Vieux Marché-aux-Poissons, n^ 40 (ancien 72). Maison où est né Gerhardt.
était entré dans la maison de banque de Turckheim *, rue Brûlée
1. Le banquier Bernard-Frédéric de Turckheim, qui avait été maire de Strasbourg en 1792, reprit en 1795 la tète de la maison jusqu'en 1830. (Strasbourg pi lloresfjue et historique, par Ad. Seybotb, p. 132.)
C LA V115 DE CHAULES GERHAUDT
Son excellente instruction, ses manières aisées, son goût de la musique et des arts le Tirent bientôt apprécier comme Tun des meilleurs cavaliers dans les salons de Strasbourg, où les fêtes se succédaient sans cesse dans cette période des plus brillantes années du (Consulat et de FEmpire.
Admis dans Tintimité de la famille de Turckheim, il n^était nullement déplacé dans ce milieu où la littérature et les beaux-arts étaient en grand honneur, et où l'illustre poète alsacien Arnold* donnait à ses hôtes la primeur de sa spirituelle comédie du Pfingsmonda, Il était l'adversaire accoutumé d'Arnold aux échecs, et se faisait un malin plaisir de taquiner sa vanité en le battant souvent.
C'est dans ces soirées qu'il fut frappé des grâces séduisantes de M"'' Charlotte-Henriette AVeber, sœur d'un des jeunes commis de son bureau, sans toutefois pouvoir prétendre à sa main, car elle était liancée à M. Philippe Lobslein.
Mlle Weber était, en effet, une beauté classée ; c'est elle qui, le 27 septembre 1805, avait présenté, au nom des jeunes filles de la ville de Strasbourg, le bouquet de bienvenue à l'impératrice Joséphine, lorsqu'elle accompagna jusqu'à la frontière, l'empereur en route pour son immortelle campagne d'Ulm et d'Austerlitz*.
Il faut croire que l'impression produite sur Samuel Gerhardt par cette jeune lille fut profonde, car laissée veuve de très bonne heure avec un enfant, elle fut demandée en mariage dans les strictes limites des convenances par le brillant cavalier, et lui accorda sa main (10 août 1810).
Samuel Gerhardt était né à Berne'. Son père, Cari Gerhardt *, descendant d'une lignée de brasseurs de Frankenthal% près de
1. Jean-Georges-Daniel Arnold (1780-1829), fils du tonnelier Jean-Daniel Arnold» professeur de législation à Gobleniz, élait doyeo de la Faculté de droit de Strasbourg. Sa comédie de Pfint/stnoncla, écrite dans le dialecte alsacien, eut les honneurs de la scène à huit reprises différentes de 183.) à 18U4 : elle a trait aux mœurs de la petite bourgeoisie locale du xviii« siècle, qu'elle représente avec une verve et une vérité toujours vivement goûtées en Alsace. (Voyez Seyboth, Strasbourg historique^ p. 600.)
2. Napoléon et Joséphine restèrent à Strasbourg du 21 septembre au i°^ octobre 1805, au château, place de la Cathédrale ; Joséphine continua à y séjourner deux mois encore après le départ de son mds\.{Slrasbovrg pittoresque et historique^ par Ad. Seyboth, p. 573.)