Lettre de Gerhardt à Cahours, du l*"" janvier
2. Le Dr Lallemand devint plus tard médecin du khédive Ibrahim Pacha. Le motif de ce choix est assez curieux : le khédive, ayant demandé d'attacher à sa personne un médecin français, choisit sur une liste le D»" Lallemand comme faisant partie de l'Académie de Montpellier, dont la réputation était restée célèbre dans les traditions arabes.
.3. !«»• janvier 1843, lettre à Cahours. 4. Félix Dunal, professeur de botanique.
à M. Dumas combien je regrette de ne pouvoir lui donner de nouvelles scientifiques; ma santé est si délabrée; vous savez combien j'ai travaillé Tannée dernière; cela m'a un peu ruiné la santé.
Dix jours après, il annonçait à son demi-frère que ses forces revenant il avait repris ses occupations habituelles :
Demain* (Il janvier), je reprendrai mon cours suspendu depuis près d'un mois. C'est affreux quand on n'a d'autre distraction que de regarder les quatre murs de sa chambre ; toute lecture, toute occupation sérieuse m'avait été formellement défendue par le médecin...
Alors le dégoût de sa situation remplit sa plume de fiel, son isolement lui pèse :
Je me suis toujours déplu ici : on ne se voit pas, on ne reçoit nulle part, les étrangers sont considérés comme des parias. Tu peux dès lors penser que ma vie doit être toute de travail et de contemplation.
Puis un regret de la promesse d'être nommé , titulaire le saisit :
Car cela m'attachera, Dieu sait pour combien d'années (peut-être pour la viel), à ce sol de Montpellier que je délesle. Une des principales considérations qui me font rester, c'est la possession d'un laboratoire. Je tacherai par mes travaux de ne pas me faire oublier à Paris...
Il est certain qu'après la fin d'année qu'il venait de passer, Gerhardt ne pouvait sans tristesse songer à l'avenir : depuis deux ans aucune satisfaction ! Il était presque aussi étranger h Montpellier qu'au premier jour, ou plutôt il avait des raisons intimes pour s'y déplaire profondément; et quant à des succès personnels, il était clair qu'il n'en avait pas pris lo chemin ! Aussi se plongea-t-il plus résolument que jamais dans le travail.
Le résultat de ce labeur acharné fut considérable, et c'est à bon droit que l'on peut dater de ce moment la direction nouvelle qui fut imprimée à la marche de la chimie.
î. Lettre de Gerhardt à Lobstein, du 10 janvier 1843.
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Reprise SOS travaux Uédactiou Un Pv/'cis de chimif organique 18 iU.
A la fin de janvier*, ainsi à peine remis, il envoie h Dumas une longue lettre sur les sels sulfo-végétaux aussitôt insérée aux Comptes rendus de Vlnstitut (séance du lundi 20 février 1843). Il énonce une loi sur la basicité des acides ; puis, dans divers articles de la Revue scientifique de Quesneville', il continue ses recherches sur la classification chimique des substances organiques, pendant qu'il envoie aux Annales de chimie et de physique^; ses Considérations sur les équivalents de quelques corps simples et composés. Et comme si ces travaux ne suffisaient pas à remplir les heures où les recherches sur la salicine et d'autres alcalis organiques, l'essence de valériane*, etc., étaient interrompues au laboratoire, Gerhardt méditait d'exposer dans un grand ouvrage ses conceptions sur la chimie organique :
Je travciille assidûment h un grand ouvrage dont je voudrais faire commencer Tinipression aux vacances prochaines, écrivait-il à son demi-frère'^; ce sera un Irailé des métamorphoses, non pas précisément comme celles d'Ovi(h% mais moins amusant.
A la fin du semestre, une nouvelle lettre à Dumas, insérée dans les Comptes rendus de i Académie (séance du 1 i août 1813), exposait la théorie des sels copules, dont Berzélius s'était emparé en la faussant et sans daigner citer le nom de l'auteur. Mais ce qui démontre» l'extraordinaire activité du jeuue savant, c'est que le manuscrit di* son grand (Uivrage était presque achevé !
M. Henri Mares, l'éminent président de la Société de viticulture du Midi, rapporte que, précisément à cette époque, il eut l'occasion d'accompagner chez Gerhardt M. Dalard, alors en villégiature ù Mtmtpejlier. A la profonde stupéfaction de ce dernier, Gerhardt écrivait son manuscrit, pour ainsi dire au courant de la plume, sans consulter aucun ouvrage et comme si la mémoire et la méditation intervenaient seules dans l'exposé de toute un(» science !