‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 63 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Lobslein, du 5 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Lobslein, du 5 avril

Souvent M. Balard rappelait ce trait prodigieux de mémoire scientifique, qui permettait de réunir en si peu de temps tant de matériaux sans avoir recours h la compilation.

Ces travaux n'empêchaient en rien les recherches de laboratoire, subordonnées toujours aux minimes ressources de la Faculté :

Jai beaucoup travaillé cette année, écrivait-il à Cahours*, mais mes résultats ne sont pas encore complets ; j'ai eu bien des déboires, des analyses manquées, pas de ressources à Montpellier pour se procurer de la matière ou les appareils, pas d'argent pour en acheter

à Paris, etc. C'est à se donner au d Tout cela est assez avancé

pour être publié pendant les vacances, si vous pouvez me donner un petit coin dans votre laboratoire.

Enfin, mon ami, un travail dont je ne vous ai, je crois, jamais parlé, et que je viens à peu près de terminer, c'est un traité où se trouvent exposées méthodiquement nos connaissances sur l'action des réactifs sur les substances organiques. Ce livre sera un complément de Liebig et de Dumas, qui ne contiennent que bien peu de généralités.

Une seconde édition de la Phi/siologie végétale de Liebig se prépare ; il y a bien des additions, et cet ouvrage m'ennuie considérablement.

Vous voyez, mon bon ami, que je n'ai pas flâné : au moins si tout ce travail pouvait servir à me tirer de ce trou de Montpellier que j'exècre î Mais on n'a pas même répondu à la demande de la Faculté', qui avait pour but mon installation définitive. Voilà bientôt trois ans que je suis chargé de cours, et, du train dont vont les afl'aires, j'ai la perspective de rester longtemps dans hi même position. N'y a-t-il pas là de quoi se dégoûter? Je demanderai à Paris une prolongation de vacances pour pouvoir terminer l'impression de mon livre. Si nous pouvions, pendant ce temps, faire ensemble un petit travail, cela me sourirait beaucoup ?

Je quitterai Montpellier le 20 du mois d'août, mais devant passer une quinzaine en Alsace chez mes parents, je ne serai à Paris que vers la mi-septembre.

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