‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 64 sur 274 · LeUre de Gerhardt à Cahours, du 30 juillet · texte numérisé non relu

LeUre de Gerhardt à Cahours, du 30 juillet

2. Dans une lettre du 21 avril à son demi-frôre Lobstein, qui avait été aux renseignements au ministère de l'Instruction publique, Gerhardt fait allusion à celte demande : « Je me doutais bien que notre recteur avait mis de la lenteur à envoyer les pièces en question au ministère : il m'est extrêmement hostile parce que je suis protestant! (Mon doyen me Ta dit Ini-même.) Dans quel siècle vivon?-nous ! Grand Dieu !... Tu peux le figurer tout le mal que cet homme a fait à son Académie ! »

Vovago

en Alsace

et à Paris.

Réconciliation

avec son père.

Premières

relations

avec Wurtz.

C'est donc chargé d'un sérieux bagage scientifique qu'il quitta cette année Montpellier au moment des vacances.

Emportant le manuscrit de son Précis^ il se rendit directement à Strasbourg, qu'il avait quitté cinq ans auparavant dans de si tristes circonstances et qu'il avait hâte de rejoindre maintenant qu'il était rentré en grâce auprès de son père.

Son retour à la vieille maison de la rue du Yieux-Marchéaux-Poissons fut un triomphe, sa réconciliation complète, et il suffit, pour en reconnaître la profonde sincérité, de lire la correspondance qui désormais s'établira entre le père et le fils. Ce dernier recevra ses confidences, sera consulté dans des circonstances graves, et bref sera regardé comme un appui moral sûr dans les difficultés que présentera la liquidation de l'usine de céruse.

Mais ce voyage en Alsace ne fut pas seulement rempli par les devoirs de famille. Gerhardt savait trop l'importance des travaux de chimie en Allemagne pour n'avoir pas songé à. traduire son ouvrage en vue de répandre ses doctrines au delà du Rhin, et justement il pouvait trouver d'excellents conseils k ce sujet auprès des professeurs Oppermann et Cailliot qui l'avaient autrefois si bien accueilli à son retour de Giessen. Ils lui indiquèrent Wurtz*, chef des travaux chimiques à la Faculté de médecine, dont les talents étaient fort appréciés, comme hautement capable de mener à bien la tache de traduire son traité.

1. Wurlz Charles-Adolphe), né à Strasbourg le 26 novembre 1817, étudia d'abord la médecine et devint, eu 1839, chef des travaux chimiques de la Faculté de médecine de cette ville, sous la direction de M. le professeur Cailliot. Reçu docteur en médecine en 18i3, ses goûts Tattiraient du côté des sciences chimiques et il fit demander par son père, M. le pasteur Wurtz, conseil à Gerhardt. Celui-ci lui conseilla de faire tous ses efforts pour arriver à Paris et s'y fixer. Après un an de séjour au laboratoire de Liebig à Giessen, en 1844, Wurtz se rendit, en 1845, à Paris, où il fut chargé de la préparation du cours de chimie organique à la Faculté de médecine. Chef des travaux chimiques à TEcole centrale des arts et manufactures, de 1846 à 1851, il prépara à loisir son concours d'agrégation, auquel il fut reçu en 1847. Professeur à rinstitut agronomique de Versailles, en 1851, il succéda deux ans après à Orfila, comme pro> fesseur de chimie médicale à la Faculté de médecine. Membre de l'Académie de médecine en 1856, de r Académie des sciences en 1867, sénateur en 1881, il mourut à Paris le 12 mai 1884.

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