Comptes j'end us de r Académie , du 22 janvier
Celte noie demandait une attention soutenue et des expériences de laboratoire fort difficiles.
Elle fut enfin adressée à Dumas, qui la communiqua à TAcadémie le 22 janvier 1844; elle était intitulée : Sur les produits de la distillation sèche des suif ocyanures.
Dans cette note, Gerhardt sapait par la base une théorie chère à son maître Liebig, la théorie des radicaux organiques, et donnait raison à la théorie des types, adoptée par Dumas.
Or, précisément à ce moment, Dumas s'était solidarisé avec BoussingaultS Payen* et Milne-Edwards% vivement attaqués — non sans raison d'ailleurs — par Liebig*, au sujet d'une théorie de la formation de la graisse, et naturellement il élait porté à se réjouir de la publication d'un travail qui enfonçait son rival.
Aussi accueillit-il la note de Gerhardt avec une vive satisfaction, qui se traduisait immédiatement par des olTres de service les plus obligeantes et un désir sincère de lui être utile :
Vous êtes dans une très bonne voie, persévérez, écrivait Dumas ^ à Gerhardt...
J'apprends par hasard qu'on a déclaré vacante la place de Montpellier. Ecrivez-moi ce que je puis faire ii votre sujet. Voulez-vous que j'en écrive à M. Villemain? Que je lui en parle? Ne trouvez-vous pas utile que je présente à TAcadémie votre demi-volume s'il est prêt? J'en dirai ma façon de penser très nettement, et j'espère qu'elle serait entendue et comprise. Je ferai ce que vous voudrez, comme vous le voudrez.
Eloges de On uc pouvait être plus empressé, et, de fait, dans la séance
Précis de chimie du 29 avril suivaut, Dumas présentait un rapport verbal fort
organiqtie.
élogieux sur la première partie du Précis de chimie organique encore inédit, en insistant sur ce fait que Tauteur a pu se convaincre mieux que personîie de rinsufftsance de la théorie des radicaux organiques adoptée par M, Liebig comme base de son ouvrage; et plus loin, que l'ouvrage de M. Gerhardt représente
\. BoussiogauU, né à Paris (1802-1887).
2. Payen (Anselme), né à Paris en 1795, mort en 1871, membre de l'Académie des sciences, en 1842.