‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 68 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Lobstein, du 17 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Lobstein, du 17 avril

2. Taillandier (René-Gaspard-Ernest:, dit Saint-Uené Taillandier, né à Paris, le 16 décembre 1817, fils d'un avoué près du tribunal de la Seine, en dehors de son étude, poêle délicat, compléta ses études en Allemagne, où il resta deux ans, et prit ses grades à Ileidelberg. En 18U, il fut nommé professeur suppléant de littérature à la Faculté des lettres de Strasbourg, pui?, en 1843, à Montpellier, où il devint titulaire en 1846. Appelé à Pari^ à la fin de 1863, il suppléa Saint - Marc Girardio comme professeur de poésie française à la Sorbonne, succéda aa père Gratry à l'Académie française en 1873 et mourut en 1879. Depuis 1813, il collaborait à la Revue des Deux Mondes.

Cours do

litléraluro

do Sainl-Roné

Taillandier.

pour en faire ensuite le sujet délicat des causeries mondaines.

Le cours de Taillandier et celui du professeur d^histoire, M. Germain, étaient suivis par tout ce que Montpellier comptait de familles distinguées par le rang et la fortune ou rattachées de loin ou de près à l'Université; et les professeurs des autres Facultés ne se refusaient pas à les honorer de leur présence. Gerhard t entre autres n'était pas un des moins assidus: il s'était lié d'amitié avec ce nouveau collègue, à peu près de son âge, à la physionomie ouverte et douce, qui venait en droite ligne de Strasbourg, où il avait professé deux ans; et puis Tun et l'autre avaient passé leurs jeunes années d'études en Allemagne, l'un à Carlsruhe, l'autre à Heidelberg, avaient eu les mômes expériences, et rien ne rapproche comme des sujets communs de jeunesse.

Mais l'amitié seule ne pouvait expliquer l'étonnante ponctualité de Gerhard t au cours de son collègue.

La chaire du professeur, qui dominait Tauditoire de quelques degrés, était accompagnée à droite et à gauche de sièges oii se tenaient les professeurs, et naturellement ceux-ci profitaient comme lui du charmant coup d'oeil d'une assemblée émaillée de ces jeunes beautés que les austères murailles des maisons de la ville ne tenaient que trop cachées.

Deux jeunes et jolies étrangères, l'une blonde et l'autre brune, toutes deux au teint éclatant, que faisaient ressortir leurs vêlements de deuil, semblaient particulièrement attirer les regards. Accompagnées de leurs deux frères, étudiants de la Faculté, elles étaient profondément attentives et augmentaient par le charme naturel de leur simplicité insouciante l'impression qu'elles causaient.

Gerhardt et Taillandier, tous deux dans l'âge où les impressions de ce genre fixent la destinée, avaient été frappés à la fois; ils étaient épris des jolies écossaises. Chercher k les voir, à les rencontrer à l'Esplanade, enfin h les connaître et se faire présenter, telle fut bientôt leur préoccupation.

Leur histoire était simple.

i-T louuiie Le D"" James Sanders, leur père, médecin éminent d'Edim-

bourg, non pas seulement comme praticien mais comme ana-

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