‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 77 sur 274 · Lettre de Gerhardt à Cjho::rs, du £9 mai 18i · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt à Cjho::rs, du £9 mai 18i

Nous ne saurions entrer ici dans le détail de la correspon- , Projet

^ de rencontre

dance très suivie qui s'échangea ensuite avec Laurent pour «^^^^ Laurent. combiner leurs efforts. Leur éloignement était un obstacle sérieux h une entente qui portait sur une infinité de détails aussi bien que sur les grandes lignes de leurs idées. Il fallait h tout prix se voir, se rencontrer, discuter, et par cela même préciser les points obscurs; ils étaient avides Fun et l'autre de pouvoir s'éclairer Tun par l'autre puisqu'ils parlaient la même langue, et, partant du même point de départ, aboutissaient parfois par des chemins différents à des résultats identiques, ce qui en assurait davantage l'exactitude.

Mais leurs faibles ressources étaient un grand obstacle que les deux amis ne pouvaient vaincre qu'à force de privations :

Certes, votre proposition de nous rencontrer à Paris est bien tentante*. Mais je suis si gêné avec mes 3,800 francs qu'il faut que je calcule tous les jours si je mettrai un ou deux morceaux de sucre dans mon café, — et courir à Paris après avoir fait un voyage à Pâques, ce serait un peu lourd pour moi. Cependant, si j'avais Tespoir d'avancer un peu nos affaires en y allant, peut-être me déciderai-je à faire ce voyage. Si nous pouvions nous voir, je vous montrerais mes tableaux. Nous tàclierions d'en extraire ce qu'il y a de bon et de faire à nous deux un système un peu présentable, système de convention, mais qui, une fois établi, ne laisserait plus rien à l'arbitraire.

Gerhardt avait besoin de se rendre h Paris pour se décharger de la partie matérielle de l'édition de ses Comptes rendus^ en passant l'affaire h. un éditeur : elle était bonne, et nul doute qu'il en trouvât un, Victor Masson, entre autres. Aussi insista-t-il auprès de son ami :

Je tiens ^ beaucoup à ce que vous veniez, nous pourrions louer ensemble pour un mois une petite chambre au quartier latin. Sans nous voir nous ne pourrons rien faire; il faut que nous nous entendions verbalement sur tout, conventions, etc. Je vais préparer un cahier de notes, où j'inscrirai tous les points sur lesquels nous discuterons ensemble. D'ailleurs, voici ce qui nous paiera le voyage : nous

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