‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 78 sur 274 · Lettre de Gerhardt h Laurent, du 17 mai · texte numérisé non relu

Lettre de Gerhardt h Laurent, du 17 mai

publierons ensemble un petit volume, nos conventions, etc., et ce serait bien le diable si nous ne pouvions pas en tirer un billet de mille francs ! Allons, marchons, du courage !

Le pauvre Laurent répondait à quelque temps de là* :

Donnez-moi un peu de courage, excitez-moi encore à aller à Paris, et indiquez-moi le moyen d'y rester. Je crève d'ennui ici. Je ne veux plus y rester, coûte que coûte, il faut que j'en sorte, dussé-je n'avoir qu'une place de 2.500 francs à Paris ! Voilà ce qu'il nous faudrait : deux places d'essayeur à la Monnaie, un laboratoire commun, et nous abattrions de la besogne. Si Dumas voulait, cela ne serait pas impossible pour nous. 11 faudrait que Pelouze eût la place de Darcet, que Chevillot et Bréant, qui ont soixante-dix et soixante et onze ans, prissent leur retraite...

Bref, les deux amis convinrent que Gerhardt passerait par Bordeaux.

Me voilà prêt à partir pour Paris, lui écrit Laurent le 28 juin, je vous attends : venez voir ma petite cuisine et mes produits. Nous ferons route ensemble sur l'impériale, et là, sous l'influence de la fumée de tabac et d'un air un peu plus pur que celui de nos laboratoires, nous ferons des projets en l'air. Il est certain qu'un changement de position dans notre corps amène des changements dans les idées, et nous trouverons peut-être là-haut ce que nous chercherions vainement dans une chambre à Paris.

Voyage Lc 13 juillct 18io, la diligence emportait Gerhardt vers Cette.

à^Bordeaux A Cette, il prenait le bateau de poste jusqu'à Toulouse, en traversant Télang de Thau, oix il eut le mal de mer, et suivant le canal du Midi, où il reçut un beau coup de soleil sur la figure. Enfin, Taprès-midi du 16, il débarquait à Bordeaux, oii raccueil de Laurent lui fit oublier ses fatigues. Nous avons causé ememble chimie toute la journée (ï avant-hier ^ d'hier et (Taujourdhui^ tu peux penser comme je m'en suis donnée écrit Gerhardt à sa femme, un peu avant de monter dans la voiture qui, le 18, à 8 heures du soir, les dirige vers Paris, où ils arrivent le 20 à 10 heures du soir.

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